|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
Chronologie 1911-1920
Chronologie 1901-1910
Chronologie 1931-1940
Chronologie 1941-1950
Chronologie 1951-1960
Chronologie 1961-1970
Chronologie 1971-1980
Chronologie 1981-1990
Chronologie 1991-2003
Ouvrages cités
|
|
|
|
1921
Blaise Cendrars : Anthologie nègre. « Plus qu’un livre, c’est un acte », dira Leiris [1]. Max Jacob : Le Laboratoire central. Jean Paulhan : Jacob Cow le pirate ou Si les mots sont des signes. Leiris commence à écrire véritablement, mais « faute de mieux » et « sans projet » [2]. Il n’a pas de vocation d’écrivain et la littérature ne représente pour lui que « l’unique but valant [son] application suivie, après la négation du reste » [3]. Fin février. Chez une cousine pianiste, épouse du musicien Roland-Manuel (1891-1966), il fait la
| |
 Georges-Henri Rivière sur le toit du Trocadéro
|
connaissance de Max Jacob, Maurice Ravel et Erik Satie. Georges Henri Rivière (1897-1985) est là aussi, « jazzifiant avec brio » [4] au piano. 3 mars. Leiris se rend pour la première fois chez Max Jacob alors que celui-ci habite encore à Paris. Commencent alors les leçons de poésie (et de morale chrétienne) que Max Jacob lui donnera durant deux ans, tout en l’engageant « à continuer bourgeoisement [ses] études » [5]. Début mars. Les Kahnweiler s’installent dans une maison avec jardin, 12, rue de la Mairie, dans la partie Boulogne de Boulogne-Billancourt (désormais rue de l’Ancienne-Mairie). Avril-mai. Premières expositions parisiennes de Joan Miró et de Max Ernst. Printemps ou été. Par l’intermédiaire de Max Jacob, Kahnweiler rencontre Élie Lascaux. Chez ce dernier, il admire deux toiles d’André Masson, qu’il rencontre à son tour. Lascaux et Masson entrent peu après à la galerie Simon. 13-14 juin. Première vente à Drouot de la collection Kahnweiler séquestrée durant la guerre. Il y aura quatre ventes : huit cents peintures de Picasso, Braque, Derain, Vlaminck, vendues à vil prix (dont beaucoup seront achetées par Breton, Tzara, Éluard et Salacrou), des sculptures, des dessins et les livres invendus. Une cinquième vente concernera les biens privés de Kahnweiler. Fin juin. Max Jacob se retire au couvent des bénédictins de Saint-Benoît-sur-Loire. Été. Vacances familiales à La Bourboule. Leiris lit Les Nourritures terrestres d’André Gide. Juillet. André Breton devient le conseiller artistique et littéraire de Jacques Doucet. Automne. À l’École des Chartes, Georges Bataille et Alfred Métraux se lient d’amitié. 16 novembre. Eugène Leiris meurt des suites d’une opération de la prostate. 18 novembre. Max Jacob adresse ses condoléances à Leiris. C’est la première des lettres qu’il lui adressera au cours des deux années qui suivront, à raison de deux par mois. [6] 15 décembre. Leiris commence un service militaire très civil : au fort d’Aubervilliers puis à l’Institut Pasteur, où il terminera ses deux ans de conscription, habitant chez sa mère (rue Mignet) et préparant pour la forme un certificat de chimie. 26 décembre. Lettre de Max Jacob : « Cher et très aimé Michel » [7]. Ses sentiments à l’égard de son protégé ont évolué. Hiver 1921-22. Début des « dimanches de Boulogne » des Kahnweiler. Leiris s’y rendra à la fin de 1922 avec Masson et ses amis mais n’en sera assidu qu’à partir de l’été 1923.
1922
Lucien Lévy-Bruhl : La Mentalité primitive. Georges Limbour : L’Enfant polaire, conte (publié en revue) que Leiris rangera parmi les « produits du génie moderne qui [le] touchent au plus près » [8]. Dans diverses revues, Marcel Duchamp publie des jeux de mots et aphorismes sous le nom de Rrose Sélavy. Georges Limbour est amené par Jean Dubuffet rue Blomet, où André Masson fait son portrait. Il se rend aussi chez André Breton, rue Fontaine, où commence la période des sommeils médiumniques. 7 janvier. Arrivée d’Alberto Giacometti à Paris. Mars. Leiris découvre Freud en lisant dans L’Esprit nouveau l’article de l’essayiste, romancier et cinéaste Jean Epstein (1897-1953), « Freud ou le nick-cartérianisme en psychologie ». Au cours de l’année, La Psychopathologie de la vie quotidienne paraît en traduction française, « un livre que je trouve extraordinaire » [9]. Si les découvertes de Freud « m’ont à ce point intéressé, c’est [par son] souci de prendre parti pour des choses communément rejetées. Me plaisait l’importance qu’il attachait à des faits considérés avant lui comme insignifiants : lapsus, actes manqués, etc. » [10]. Deux autres livres joueront pour lui un rôle important : la Gradiva de Wilhelm Jensen commentée par Freud et, de ce dernier, les Trois essais sur la théorie de la sexualité. Printemps. Rencontre Antonin Artaud chez Max Jacob, à Paris. Avril. Juan Gris et sa femme Josette (1892-1983) viennent habiter Boulogne, à côté de chez les Kahnweiler. Juin. Sous le titre « Réponse de l’abbé X... à un jeune homme découragé », Max Jacob publie dans le n° 10 de la revue Vie des lettres et des arts la lettre qu’il a adressée à Leiris le 24 novembre 1921. [11] Milieu de l’année ( ?). Leiris commence d’écrire son Journal, dont il arrachera les premières pages, jugées trop bêtes. Il tiendra ce journal destiné à un « interlocuteur futur (partenaire presque imaginaire) » durant soixante-huit ans, « avec des intervalles qui [pourront] durer de longs mois, parfois jusqu’à des années » [12]. Fin juillet. Chez Max Jacob, à Saint-Benoît-sur-Loire, rencontre Roland Tual, qui deviendra aussitôt son « grand ami » [13]. Tual le présente peu après à André Masson : « un peintre, lui avait-il dit, qui peint des bouches qui sont des sexes, des pieds qui sont des mains, des mains qui sont des végétaux » [14]. Leiris fait part de son admiration pour Masson à Max Jacob, qui lui répond que le peintre sera le « Picasso français » [15]. Août. À Paris, « histoires avec Max Jacob » [16]. Ce dernier lui écrit le 21 : « J’ai peur de t’avoir un peu scandalisé l’autre jour [...]. Je montre mes égarements avec la même franchise que mes bons élans » [17]. Septembre-novembre. Max félicite son élève à plusieurs reprises : « Bravo ! Quelle surprise ! C’est excellent ! léger, chantant, humoristique, poétique, très moderne et pas copié. » « Le poème est admirable. Je voudrais bien en faire autant. » « Il est certain que tu as des dons. » [18] 27 octobre. Leiris dîne chez André Masson. C’est le début d’une longue amitié : Masson lui fait confiance et devient « un peu [son] père spirituel » [19]. Sous son influence, Leiris envisage non seulement d’être poète mais de vivre en poète. Il devient un des piliers du « groupe de la rue Blomet » - « vrai lieu initiatique » [20] - dont le noyau primitif est constitué de Masson, Tual, Artaud, Limbour et lui, liés par « un furieux appétit de merveilleux » [21] - groupe que fréquentent plus ou moins assidûment Miró, Salacrou, Gertrude Stein, Hemingway. « Cénacle qui, en art et en poésie, était mon milieu nourricier » [22], dira Leiris. « Rien d’un groupe, mais un creuset d’amitiés », selon Masson : « fanatiques de notre liberté nous avions un sens très pur de l’amitié : chacun était ce qu’il était, accepté comme tel, et non irréellement, au contraire de ce qui se passe dans certains rapports humains où nous inventons et fabriquons notre interlocuteur ou partenaire, puis, à la première déconvenue, nous nous empressons de l’oublier » [23]. Parmi les visiteurs : à partir de 1923, Dubuffet, Jouhandeau (qui comparera les conversations des amis de la rue Blomet aux « dialogues de Platon ou de Xénophon » [24]) et, à partir de 1924, Aragon, Breton, Desnos, puis Bataille amené par Leiris. Au cours des années 1922-1924, souvent sous l’influence de Masson, Leiris et ses amis lisent ou relisent Héraclite, Paracelse et les grands occultistes ou visionnaires, William Blake, Raymond Lulle, Thomas Browne, les Élisabéthains, les poètes précieux, Sade, les romantiques et leurs successeurs : Nerval, Mallarmé, Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont, Dostoïevski, Nietzsche. Leiris apprécie particulièrement Marcel Schwob dont Le Livre de Monelle a été pour lui un « événement capital » et aura, avec les Vies imaginaires, une influence sur ses premiers écrits, notamment Aurora [25]. Novembre ( ?). Il est présenté par Masson à Kahnweiler et fait la connaissance de Louise Godon. 10 novembre. Max Jacob lui écrit : « Tâche de connaître Limbour, fais-toi lire ce qu’il fait, montre-lui ce que tu écris. C’est un grand poète qui promet beaucoup. » [26] La rencontre se fera quelques jours après chez Masson. 18 novembre. Mort de Marcel Proust. 25 novembre. Après sa marche sur Rome, Mussolini reçoit les pleins pouvoirs. 1er décembre. Numéro de Littérature comportant « Les Mots sans ride » d’André Breton et « Rrose Sélavy » de Robert Desnos, première série de jeux de mots et contrepèteries dans le style de Marcel Duchamp. 7 décembre. Leiris assiste à la générale de l’adaptation de Locus solus et écrit à Raymond Roussel une lettre de félicitations qui le touche beaucoup. Leiris commence à s’intéresser de près à l’œuvre de Roussel.
1923
Artaud : Tric trac du ciel, illustré par Élie Lascaux (Éditions de la galerie Simon). Masson : Joueur (portrait de Michel Leiris), fusain sur papier. [27]
 Joueur (portrait de Michel Leiris), André Masson
|
17 février. Max Jacob prévient Leiris qu’il a utilisé ses lettres pour le caractère d’un personnage d’un roman en cours. Le roman paraîtra en mars 1924 sous le titre L’Homme de chair et l’homme reflet, où l’on peut lire : « Maxime [Lelong] croyait de son devoir d’être ingénieur-chimiste [...]. Il se détestait, se regardait aux glaces pour se détester davantage, rageait contre ses vêtements pauvres [...]. Il souffrait de tout sans se l’avouer ou en le criant trop pour qu’on le prît au sérieux ». 15-16 mars. Premier rêve noté dans le Journal : « La nuit dernière, j’ai rêvé que j’étais mort. Je voyais le ciel... ».
| |
 Michel Leiris et Max Jacob en 1923
|
Avril. Max Jacob à Roland-Manuel : « Michel Leiris a fait un poème réussi [...]. Il tombera fatalement dans la littérature. J’ai fait mon devoir. » [28] 7-8 mai. Dernière vente Kahnweiler. « Henry Kahnweiler est nu. On l’a dépouillé. Tout est parti. Bradé. Sacrifié. » [29] 12 mai. Max Jacob à Leiris : « Tu réussiras dans le tragique. Nous n’avons justement pas cet article-là. » [30] Fin mai - début juin. Max Jacob et Marcel Jouhandeau, qui viennent de faire connaissance, se rendent chez Masson alors que Leiris s’y trouve. Jouhandeau s’enflamme : « Il était d’une beauté extraordinaire ! Il avait le visage de Baudelaire jeune ! » [31]. Juin. Leiris assiste à la Gaieté-Lyrique à la reprise par les Ballets russes de Parade, créé en mai 1917 : un des « spectacles cruciaux » qui auront pour lui « valeur mythique » [32] et dont il évoquera dans Biffures la scène de cirque représentée sur le rideau de scène de Picasso. À la même époque, il voit aussi une reprise par les mêmes Ballets russes de Petrouchka, créé en juin 1911. Il se rend à Saint-Pierre-lès-Nemours avec Miró et André et Odette Masson pour y préparer les vacances de 1924. Daisy S. est exclue de ces projets. Leiris la rejoint à Wiesbaden « sous prétexte d’y voir représenter » Parsifal de Wagner [33]. Il rentre le lendemain ou surlendemain et décide de rompre. En plein désarroi, il pense à se suicider. Son frère Pierre le décide à consulter le Père Lucien Laberthonnière (1860-1932), philosophe chrétien dont il est proche. Été. Leiris devient un habitué des « dimanches de Boulogne », chez les Kahnweiler, où l’on rencontre le critique d’art Maurice Raynal (1884-1954), les peintres Juan Gris et Élie Lascaux et leurs épouses Josette et Berthe (Béro, belle-sœur de Kahnweiler), Suzanne Roger et son mari André Beaudin, le sculpteur Jacques Lipchitz, le musicien Erik Satie, le dramaturge Armand Salacrou et sa femme Lucienne, les écrivains et poètes Antonin Artaud, Charles-Albert Cingria (1883-1954), Max Jacob, André Malraux (dont Leiris avait fait la connaissance chez Max Jacob) et sa femme Clara, le futur architecte Le Corbusier, ainsi que Tual et Limbour. Plus tard, on y verra aussi Tzara et Desnos, ce dernier amené par Leiris. Début 1926, les dimanches seront limités aux couples Kahnweiler, Leiris, Masson et Lascaux et ils cesseront après la mort de Juan Gris en mai 1927. Malgré leurs différences d’âge, de tempérament ou de goût (sur Miró et Wagner, notamment), Kahnweiler et Leiris nouent des liens faits d’estime mutuelle. Sous l’influence de Juan Gris et de Le Corbusier, Leiris adhère à « l’esthétique prêchée par la revue L’Esprit nouveau : un modernisme technologisant » [34] qu’il condamnera rapidement. Vacances avec André et Odette Masson et les Salacrou à Plestin-les-Grèves (Côtes-du-Nord). Il y écrit le poème « Désert de mains », qui sera sa première publication, début 1924. Il écrit aussi « une prose », « Le Lycanthrope », inspiré par Petrus Borel, dont Jouhandeau se souviendra lorsqu’il écrira Ximenès Malinjoude et dont certains passages seront repris par Leiris dans Aurora. 12 septembre. Max Jacob à Jouhandeau : « Michel Leiris imite Rimbaud ; ce qui lui fait pousser quelque suffisance. [...] Il faudrait tuer Rimbaud encore ! » [35]. 15 décembre. Libération du service militaire et fin des études de chimie : « J’obéis à ma vocation - et renonçant aux vagues études que j’avais poursuivies jusqu’alors - je quittai le laboratoire où j’avais fini mon service [...], décidé à consacrer toute mon activité à la littérature » [36]. Il continue de vivre chez sa mère, rue Mignet.
1924
Limbour : Soleils bas, illustré par Masson (Éditions de la galerie Simon). La réédition de 1972 sera préfacée par Leiris. Masson : Homme dans un intérieur, Leiris servant de modèle (en janvier ou février). Miró : Terre labourée, « marquant chez lui un tournant avec éclat » [37]. Leiris fait ses premières lectures ethnographiques. Janvier-février. Première publication : le poème « Désert de mains », dans la revue Intentions dirigée par Pierre André-May (1901-1999), auquel il avait été présenté par Jouhandeau. Max Jacob s’offense de n’avoir pas contribué à cette publication et écrit à Jouhandeau le 8 mars : « J’ai lu aussi Leiris avec plaisir. Il va bien, il a compris ! [...] Il n’admet plus mes conseils depuis qu’il en a profité » [38]. Janvier. Georges Limbour est envoyé à Mayence comme journaliste à L’Écho du Rhin, journal destiné aux troupes françaises d’occupation. Janvier ou février. Leiris demande en mariage Louise Godon en s’y prenant « de la façon la plus invraisemblablement conventionnelle, commençant par demander officiellement sa main, puis n’osant la courtiser autrement qu’en lui adressant des bouquets et des poèmes et restant froid et silencieux sitôt [qu’il était] devant elle. Si bien qu’elle [le] refusa » [39]. 25 février - 8 mars. Première exposition personnelle d’André Masson à la galerie Simon. Breton, Aragon et Éluard y font la connaissance du peintre et sans doute de Leiris. Breton achète Les Quatre éléments, tableau peint au début de l’année qu’il considérera « comme un des premiers tableaux surréalistes, disons présurréalistes » [40]. Le 7 mars, accompagné de Leiris, Raymond Roussel visite l’exposition puis l’atelier de Masson, à qui il achète un tableau. Mars ( ?). Leiris rejoint Georges Limbour à Mayence : « Mayence où / sans regarder le Rhin / j’ai appris à désaimer » [41]. 25 mars. Lettre de Jouhandeau : « Le désir de pureté qui vous étreint m’attire et me gagne à vous [etc.] » [42]. 26-27 mars. Après une soirée dans un bar avec Jouhandeau, « je reconduisis mon compagnon chez lui, presque ivre mort et en proie aux nausées, puis dormis avec lui après avoir humilié ma bouche et la sienne dans un réciproque égarement » [43]. « Aventure d’ordre pédérastique » qui lui provoque une douleur à un testicule. [44] 28-29 mars. « J’ai tenté le meurtre spirituel de Jouhandeau. Il a été plus fort que moi : “Tu ne pourras jamais m’empêcher de t’aimer” m’a-t-il dit. » [45] L’aventure ne durera pas. 6 avril. Leiris déjeune avec Max Jacob, Jouhandeau et André et Odette Masson. C’est probablement après ce déjeuner qu’il s’éloigne de son professeur de poésie, ayant pris ombrage de son portrait dans L’Homme de chair et l’homme reflet. Lorsqu’il rejoindra le groupe surréaliste (en novembre), le fossé ne fera que s’élargir, mais après la mort de Max Jacob, Leiris paiera largement sa dette envers lui en s’employant à faire connaître son œuvre. Printemps. À la galerie Simon, Kahnweiler le présente à Picasso, rencontre qui aura pour lui une « importance extrême » [46] Mai-juin. Marcel Jouhandeau écrit Ximenès Malinjoude, auquel il donne quelques traits de Leiris. 6 mai. Assiste à L’Étoile au front de Raymond Roussel. Desnos y lance à un détracteur de Roussel sa célèbre apostrophe : « Nous sommes la claque et vous êtes la joue ». Fin juin - début juillet. Séjourne avec les ménages Masson, Gris et Salacrou à Saint-Pierre-lès-Nemours. Tual leur présente un jeune homme rencontré dans le train du Havre : Raymond Queneau.
| |
 André Masson, Michel Leiris, Roland Tual et Juan Gris. Nemours-près-Fontainebleau, 1924
|
9 juillet. Dans son Journal, Leiris fait le bilan de sa vie sentimentale et recopie « une confession écrite il y a quelques mois », premier autoportrait qu’il placera en 1935 en exergue du chapitre « Amours d’Holopherne » de L’Âge d’homme. 14 juillet. À Mayence, Limbour crie « À bas la France ! » lors du défilé militaire. Expulsé, il vient habiter quelques jours chez Leiris et sa mère, rue Mignet. 28 juillet. Limbour lui présente Desnos, qui leur annonce la prochaine parution de La Révolution surréaliste. 2e quinzaine d’août. Séjour au Havre avec Limbour [47]. Septembre ou octobre. Leiris rencontre Georges Bataille avec qui il se lie très rapidement. C’est Jacques Lavaud (1894-1975) - que Leiris connaissait « de longue date », qui, « sensiblement plus âgé », l’avait « initié à la littérature moderne » et qui était collègue de Bataille à la Bibliothèque nationale - qui les présente l’un à l’autre, « un peu [...] pour voir en observateur détaché quel curieux précipité pourrait résulter de ce contact » [48]. Bataille fait part à Leiris de « l’opportunité qu’il y aurait de lancer un mouvement « Oui » impliquant un perpétuel acquiescement à toutes choses « dans l’esprit zen » [49] et qui aurait sur le mouvement « Non » qu’avait été Dada la supériorité d’échapper à ce qu’a de puéril une négation systématiquement provocante ». Ils caressent quelque temps le projet de fonder un mouvement et une revue ayant pour siège un bordel. Octobre. Breton publie le Manifeste du surréalisme. Le Bureau de recherches surréalistes est ouvert. Breton se rend chez Masson. Les deux hommes s’entendent « à peu près sur tout » : les liens entre la rue Fontaine et la rue Blomet sont noués, la première étant, selon Masson, « le lieu de l’orthodoxie » et la seconde « un foyer de dissidence » [50]. 12 octobre. Mort d’Anatole France. Comme la presse de droite, L’Humanité fait son éloge. Le 18, les surréalistes publient le pamphlet anti-France « Un Cadavre ». Novembre ( ?). Leiris rejoint le groupe surréaliste. « Aux amis de Masson, qui étaient déjà en rapports avec le groupe réuni autour de Breton, d’Éluard et d’Aragon (Artaud de façon récente ; Limbour de façon plus ancienne, mais quelque peu lointaine), nous nous adjoignîmes Tual et moi, à la suite de Masson lui-même, qui introduisit également Miró dans le nouveau mouvement » [51]. Leiris rencontre Jacques Baron (1905-1986), qui deviendra un de ses plus proches amis. 15 novembre. Clarté, revue para-communiste qui avait la sympathie des surréalistes [52], sort un « cahier de l’anti-France » critiquant L’Humanité au sujet d’Anatole France. L’événement rapproche les surréalistes et les animateurs de Clarté : Jean Bernier (1894-1975) et Marcel Fourrier (1895-1966), auxquels s’adjoindront peu après Victor Crastre (né en 1903) et Pierre Naville (1903-1993). 29 novembre. Mort de Giacomo Puccini. 1er décembre. Premier numéro de La Révolution surréaliste. 23 décembre. Première visite de Leiris et Masson au Bureau de recherches surréalistes.
1925-1928
Leiris écrit, « à la première personne mais hors de toute forme de pacte autobiographique » [53], des « sortes de petits romans » [54] dont seul Le Point cardinal paraîtra durant cette période (en 1927). Les autres ne seront publiés qu’ultérieurement : Aurora, en 1946, L’Évasion souterraine et autres textes, après sa mort.
1925
Maurice Delafosse : Les Civilisations négro-africaines. Adolf Hitler : Mein Kampf. Élie Lascaux : La Maison de l’Homme-plume (maison d’André Masson, rue Blomet). André Masson : Portrait de Michel Leiris, dessin faisant partie d’une série de portraits de jeunes écrivains commandée par Jacques Doucet. [55] Philippe Soupault : En joue ! Leiris en fait un compte rendu dans Clarté. Leiris fait partie du « petit état-major » [56] surréaliste avec Breton, Aragon, Éluard, Desnos et Péret. Dans les réunions, dira Soupault, « il parlait rarement mais avec conviction. Il observait très attentivement les uns et les autres sans faire part de ses jugements. Il n’en pensait pas moins. Je savais que, comme moi, il souhaitait s’évader. Le conformisme n’était pas son fort » [57]. Il fréquente les cafés, le Cyrano notamment où se réunissent régulièrement les surréalistes. Avec certains d’entre eux - Aragon, Max Morise (1900-1973), Tual et surtout Jacques Baron -, il passe la plupart de ses nuits au Zelli’s ou autres boîtes montmartroises, « breuvage, fumée, musique et foule constituant l’excitant mental que nous jugions le plus apte à favoriser l’inspiration » [58]. Dans L’Âge d’homme, il dira qu’il ressentait à l’époque un certain orgueil à vivre comme un poète et un noctambule, mais souffrait en même temps d’une chasteté interprétée comme « l’effet d’une incurable déficience » ou « la conséquence logique de [sa] simple incapacité d’aimer » [59]. Il vit dans un continuel état d’exaltation et d’angoisse. « L’image du héros noir, dira Ferdinand Alquié (1906-1985), revient [...] hanter l’espoir des surréalistes et, avec elle, la crainte, parfois panique, dont Leiris nous avoue [...] qu’elle ne le quittait guère à l’époque des scandales » [60]. Selon Bataille, c’est « l’ampleur et la rudesse du mouvement naissant [qui] lui donnèrent un choc [...]. Ce que [son] attitude me faisait savoir [...], c’était une terreur morale qui émanait de la brutalité et de l’habileté d’un meneur de jeu [...]. Quelque chose l’avait changé : il était désormais silencieux, évasif et plus mal à l’aise que jamais. Il était tout désœuvrement, nervosité devant laquelle toutes choses se dérobaient » [61]. Leiris présente Aragon à Bataille, mais le premier considère le second comme un dadaïste attardé et le second juge le premier « ni fou, ni intelligent » [62]. Avec Bataille, Masson et Nicolai Bakhtine (un Russe émigré), il pense créer une société secrète, orphique et nietzschéenne et propose de la nommer « Judas ». Premier trimestre. Rédaction du Point cardinal. Janvier. Fondation de l’Institut d’ethnologie de l’université de Paris par Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939), Marcel Mauss (1872-1950) et Paul Rivet (1876-1958). 27 janvier. Leiris est chargé par Artaud « de s’occuper de la constitution d’un “Glossaire du merveilleux” et d’un “Répertoire des idées surréalistes” ». Ces travaux ne seront jamais menés à terme. Mi-février. Première contribution à La Révolution surréaliste (n° 2, daté 15 janvier) : « Le Pays de mes rêves » [63]. L’essentiel de la contribution de Leiris à la revue consistera en la publication des premiers éléments de Glossaire j’y serre mes gloses et de rêves. Il n’y publiera aucun des textes automatiques qu’il écrivit « comme tout le monde », « parce qu’ils étaient mauvais » [64]. 2 avril. Motion signée par Artaud, Jacques-André Boiffard (1903-1961), Leiris, Masson et Pierre Naville. Le point 1 - « avant toute préoccupation surréaliste ou révolutionnaire, ce qui domine dans leur esprit est uncertainétatdefureur » [65]- est de Leiris. 13avril.Au Maroc,Abd-el-Krim lance une offensive contre les postes français.La contre-offensive française débutera le 1er mai : début de la guerre du Rif. 15 avril.Premièredes trois séries de Glossaire j’y serre mes gloses publiées dans La Révolution surréaliste. 26 avril. Achevé d’imprimer du premier livre de Leiris : Simulacre, poèmes [66] et lithographies « de Michel Leiris et André Masson », publié par la galerie Simon à 110 exemplaires. Le « et » marque que le livre est une œuvre commune, réalisée dans l’atelier de Masson. 12-27 juin. Deuxième exposition Miró à Paris. Elle « a un grand retentissement » [67]. Fin juin. Appel « Aux travailleurs intellectuels : oui ou non, condamnez-vous la guerre [du Rif] ? », signé par les rédacteurs de Clarté, les surréalistes et le groupe Philosophies, l’appel scelle le rapprochement entre surréalistes et clartéistes, les premiers « cherchant à lier conquête spirituelle et revendication politique », les seconds « déçus par la carence révolutionnaire des prolétariats », espérant « trouver chez leurs nouveaux amis une forme radicale de révolte morale » [68]. 1er juillet. Mort d’Erik Satie. 2 juillet. Banquet organisé par les surréalistes en hommage à Saint-Pol-Roux à la Closerie des Lilas, au cours duquel Rachilde (1860-1953) est prise à partie. Leiris y est particulièrement déchaîné, criant « À bas la France ! » et « Vive Abd-el-Krim ! » » [69]. Il est rossé par la foule à laquelle il échappe grâce à des policiers qui le conduisent au poste de police où il est à nouveau roué de coups : « Il m’arriva d’accomplir ce que mon entourage considéra généralement comme un acte de bravoure... » [70]. Selon Breton, le banquet Saint-Pol-Roux « marque la rupture définitive du surréalisme avec tous les éléments conformistes de l’époque » [71]. 15 juillet. Dans La Révolution surréaliste, Leiris publie ses premiers récits de rêves. Début août. Après une promenade avec Ernest de Gengenbach (1904-1981), « un mythomane doublé d’un aventurier », il est « saisi la nuit d’une angoisse panique » telle qu’il doit se coucher près de sa mère. Le lendemain, il part avec les Kahnweiler et Louise Godon pour Antibes, où sont André et Odette Masson. « Diversion délicieuse : je me détendis, elle et moi nous causâmes beaucoup » et le 7, « à peine arrivés sur la Côte, nous nous fiançâmes. » [72] Durant le séjour, Breton lui rend visite. 15 septembre. Clarté annonce sa fusion avec Philosophiesarticle sur Cocteau dans lequel il qualifie Max Jacob et Pierre Reverdy de « novateurs vieillis ». 5 octobre. « Assemblée générale constitutive » pour définir une action commune aux animateurs des trois revues. La convocation ayant prescrit un « engagement absolu au secret », le procès-verbal, dont Leiris est chargé, ne sera retrouvé qu’après sa mort, transcrit dans son Journal . Le même jour, création au théâtre des Champs-Élysées de la Revue nègre. C’est la première apparition à Paris de Joséphine Baker. En 1929, Leiris pensera que la revue était un article pour l’exportation mais en 1982, il dira qu’il en avait été enchanté. Novembre. Organisation du groupe commun clartéiste-surréaliste. Leiris est membre de la commission « documentation et archives ». Le 2, il est désigné avec Breton, Aragon, Éluard et Queneau pour collaborer au prochain numéro de Clarté (du 30 novembre), ce qu’il fera jusqu’en août-septembre 1926. 14-25 novembre. Exposition « La Peinture surréaliste » à la galerie Pierre. Leiris y achète une toile de Miró : Baigneuse.
| |
 Baigneuse, Miro
|
Hiver 1925-1926. Les membres du groupe de la rue Blomet font la connaissance de ceux de la rue du Château : Yves Tanguy, Jacques Prévert, Marcel Duhamel, que Leiris fréquentera avec assiduité.
1926
André Schaeffner (1895-1980) et André Coeuroy : Le Jazz. Janvier. Clarté annonce son remplacement par La Guerre civile, fondée par treize clartéistes et surréalistes dont Leiris. L’objectif est de « travailler avec acharnement à l’anéantissement de l’ensemble des facultés spirituelles malfaisantes de la bourgeoisie, de l’esprit bourgeois ». Préparé par Victor Crastre, un numéro est examiné le 18 février par le Bureau politique du Parti communiste qui refuse de soutenir la publication, « par crainte d’aller contre les desseins véritables de l’Internationale communiste », dira Breton. Clarté sera finalement remplacée en 1928 par La Lutte des classes, animée par Pierre Naville et à laquelle Leiris ne collaborera pas. 2 février. Il se marie avec Louise Godon à Boulogne-Billancourt : « un mariage des plus bourgeois » mais « sans inviter personne ». Le couple s’installe dans une chambre préparée pour eux dans la maison des Kahnweiler, où Leiris n’est pas à l’aise, se sentant coupable tant à l’égard de ses amis artistes et écrivains que de sa nouvelle famille. Désormais époux de la collaboratrice de Kahnweiler et parent et ami de ce dernier, il mettra « un point d’honneur à ne jamais s’immiscer dans les choix de la galerie ». 15 mars. Jean Paulhan lui demande de rendre compte dans la N.R.F. de deux livres de Jouhandeau, demande qui n’aura pas de suite. Printemps. Dans le cadre de la collection de manuscrits d’auteurs contemporains que constitue Jacques Doucet, Leiris propose un travail sur le merveilleux moyennant trois cents francs par mois durant trois ou quatre mois. Partiellement effectué, ce travail sera publié après la mort de Leiris. 25 avril. Création à la Scala de Turandot de Puccini. Milieu de l’année. Sur la recommandation d’Aragon et celle (probable) de Jouhandeau et Paulhan, Leiris est nommé secrétaire de rédaction de L’Époque, mais le périodique ne verra jamais le jour. Été-automne. Il publie dans The Little review ses deux premiers textes (traduits en anglais et jamais publiés en français) sur des peintres contemporains, Miró et Masson. Cette collaboration à la revue américaine sera condamnée par le groupe surréaliste réuni en novembre pour un « examen des positions individuelles d’un point de vue révolutionnaire », mais l’article sur Miró sera qualifié en 1984 de « petite étude percutante » où Leiris est « le premier à parler avec autant d’acuité » de l’œuvre du Catalan. 22 août. À Fréjus, il assiste avec Picasso à sa première course de taureaux, « purement ignominieuse ». En septembre, il écrit Grande fuite de neige, « transposition fabuleuse » de la « vilaine mascarade » dont il avait été « le témoin ébloui malgré tout », texte qu’il publiera en revue en 1934 et en volume en 1964. Août-septembre. Dans Clarté, publie « À propos d’une conversion », long et féroce article sur Cocteau dans lequel il qualifie Max Jacob et Pierre Reverdy de « novateurs vieillis ». Septembre. Publie en allemand dans Der Querschnitt, l’article « Paris-minuit » sur les cabarets parisiens, le blues, la chanteuse Ada « Bricktop » Smith (1894-1984) : « je ne puis dire à quel point me bouleverse la musique des Noirs américains » [73]. Cette collaboration à Der Querschnitt est également condamnée par les surréalistes. Octobre. Devient représentant en librairie (pour les Éditions Brossard et les Éditions du Trianon), métier qui l’ennuie mais lui laisse le temps d’écrire. Il adhère au syndicat C.G.T. des V.R.P. (voyageurs-représentants-placiers). 23 novembre. Assemblée des surréalistes sur une adhésion éventuelle au Parti communiste. Desnos s’estime dénué des qualités nécessaires et Leiris déclare : « J’ignore absolument en quoi je peux être plus utile dans le P.C. qu’en dehors du P.C. Comme Desnos, je dirai qu’il y a peut-être un certain manque d’éducation qui influe sur mes résolutions et je crains d’être rebuté par certaines besognes matérielles » [74]. 24 décembre. Nouvelle assemblée : « Je n’ai pas encore réalisé, comme je voudrais le faire, le passage de l’idéalisme au matérialisme. Cependant, je pose ma candidature. » [75] Parmi les proches de Leiris, Baron, Desnos et Tual ne sont pas candidats, mais Baron changera d’avis.
1927
Robert Desnos : La Liberté ou l’amour. Marcel Jouhandeau : Ximenès Malinjoude, eaux-fortes de Masson (Éditions de la galerie Simon), dédié « à M. L » (Leiris et non Marie Laurencin comme on l’a cru [76] ). Ximenès a beaucoup de traits de Leiris. Sur l’exemplaire qu’il lui donne, Jouhandeau porte l’envoi : « Es-tu bien sûr de n’être pas l’auteur de ce livre ? Si je l’ai écrit pour toi, quand je me relis, je crois te lire. Marcel » [77]. Marcel Proust : Le Temps retrouvé. Philippe Soupault : Le Nègre. Janvier. Leiris adhère au Parti communiste. Membre d’une cellule de quartier de Boulogne-Billancourt qu’il fréquente un soir par semaine, il s’aperçoit vite - c’est l’époque des discussions sur les thèses opposées de Staline et de Trotski - qu’il donne toujours raison au dernier qui a parlé et qu’il n’est pas fait pour l’action politique. « Ce semblant d’activité militante n’était, en fait, qu’une servitude de plus dans une vie que je regardais - aussi précieux que fussent certains éléments de son décor - comme une espèce d’enlisement dans la banalité familiale » [78]. Il ne restera au P.C.F. que six mois. Avril ( ?). Publication du Point Cardinal, « mon livre d’obédience surréaliste » [79], aux Éditions du Sagittaire - Simon Kra dont la direction littéraire est assurée par Léon Pierre-Quint (1895-1956) et Philippe Soupault. Le livre [80] est dédié à Limbour. Début avril. En pleine détresse, il est « tout prêt de [se] jeter sur les rails » du métro. [81] 11 avril. Sur le conseil de sa femme, inquiète de son état dépressif, il part pour l’Égypte où Limbour est professeur au lycée français du Caire : « acte strictement hygiénique » [82], « fuite - si l’on peut dire - à l’état pur, répondant à un violent besoin de changement d’air, sans que je fusse vraiment curieux du pays que j’allais voir » [83]. Durant son séjour en Égypte puis en Grèce, il entreprend la rédaction d’Aurora qu’il terminera l’année suivante à Paris, « roman poétique » dans lequel il tente de « donner forme à [son] tourment » [84], « en un sens [son] premier ouvrage autobiographique, une autobiographie qui a très peu d’incidences véritablement historiques, mais qui fait un peu le trait d’union entre les poèmes lyriques - les poèmes lyriques où on dit je - [qu’il écrivait] à l’origine et les essais dûment autobiographiques [qu’il a] écrits ensuite » [85]. Le héros du livre s’appelle Damoclès Siriel, anagramme de Leiris. Il ressemble au Ximenès Malinjoude de Jouhandeau, lequel ressemblait à Leiris... 18 avril - 27 mai. Séjourne au Caire, où il découvre la mentalité coloniale et voit les Européens comme de sinistres idiots et d’infâmes brutes, ayant tous, à des titres divers, des mentalités de sous-officiers, écrit-il à Louise Leiris [86].
| |
 Juan Gris
|
11 mai. À Boulogne-Billancourt, mort de Juan Gris. 28 mai - 7 juin. Pour gagner un peu d’argent, Leiris est examinateur de langue française à l’oral du baccalauréat au lycée d’Assiout. 9 juin. Kahnweiler écrit à Carl Einstein : « Aujourd’hui la “Rue Blomet” des débuts s’est presque entièrement séparée du surréalisme » [87]. Les relations entre Breton et Desnos (qui habite maintenant dans l’atelier de la rue Blomet que Masson a quitté) se dégradent. 25 juin - 9 septembre. Sur le conseil de Limbour, qui rentre en France, il visite seul la Grèce. Enchanté par ce qu’il y voit et par l’accueil des gens et y trouvant une « merveilleuse sauvagerie encombrée d’idoles, d’incestes et de mythes » [88], il se débarrasse de son préjugé anti-hellénique. Le 2 août, il en est à la page 120 de son roman. Septembre. Publication posthume du Temps retrouvé de Proust (que Leiris ne lira qu’en 1939). 9-17 septembre. Retour par Bari et Milan, qu’il traverse « en proie au délire, souffrant du ventre et de la malaria » [89]. Dans le train, il tient à ses compagnons de route des « propos exaltés sur ce qu’a d’enivrant le fait de voyager » [90]. Rentré à Boulogne, il a une crise de paludisme durant laquelle il lit Fantômas à raison d’un volume par jour. Octobre. Dernière contribution de Leiris à La Révolution surréaliste et dernière déclaration surréaliste signée par lui : « Permettez ! », à propos de Rimbaud.
1928
Aragon : Le Con d’Irène (illustré par Masson) et Traité du style. Lord Auch (Georges Bataille) : Histoire de l’œil, illustré par Masson. « Il existe, dira Leiris, un certain lien entre L’Âge d’homme et Histoire de l’œil (dont la partie finale semble bien être autobiographique) » [91]. Breton : Nadja et Le Surréalisme et la peinture. De Nadja, Leiris dira qu’elle lui a ouvert une voie pour l’élaboration de L’Âge d’homme. D. H. Lawrence : L’Amant de lady Chatterley. À la différence des autres surréalistes, Limbour, Leiris et Masson sont attentifs à l’œuvre. Au cours de l’année, Leiris ne publie ni livre ni article et écrit peu dans son journal. Il fait des apparitions en compagnie de Raymond Queneau et de Jacques Baron au Cercle communiste Marx et Lénine créé en 1926 par Boris Souvarine (1895-1984), exclu du Parti communiste français en 1924. Il dessine Ma vie par moi-même qu’il colle dans son journal. Représenté de profil, il regarde fixement une pyramide « d’une froideur géométrique », « proche mais inaccessible ». En bas du dessin, un œil féminin tourné vers lui, quête « une impossible union » [92]. 
Début de l’année. Il s’éloigne du groupe surréaliste, de même que Masson, Desnos, Limbour et Tual. 6 mars. Paul Rivet est nommé à la chaire d’anthropologie du Muséum national d’Histoire naturelle, à laquelle il fait rattacher le musée d’Ethnographie du Trocadéro dont il devient le directeur le 27 mars. 20 mars. Mariage de Bataille avec Sylvia Maklès (1912-1993), Leiris et Simone Maklès étant témoins. Les sœurs Maklès sont quatre : Bianca (1894-1931) qui épousera Théodore Fraenkel (1896-1964), Sylvia qui épousera en secondes noces Jacques Lacan, Simone (1905-1996) qui épousera Jean Piel (1902-1996) et Rose (1902-1986) qu’André Masson épousera en secondes noces. Elles ont fait leurs études avec les sœurs Kahn : Simone (1897-1980), première épouse de Breton, et Janine (1903-1972), mariée à Queneau. Théodore Fraenkel restera jusqu’à sa mort médecin et ami proche de Leiris. Début avril. Arrivée à Paris d’Alejo Carpentier, venu de Cuba avec Robert Desnos, qui le présente à tous ses amis écrivains et peintres dont Leiris. 28 octobre - 21 novembre. Séjour à Nantes et Quiberon avec Jacques Baron. Dans une lettre à sa femme, il peste contre « l’abominable intellectualité surréaliste » [93]. Il écrit quelques poèmes dont il se demandera un an plus tard s’ils n’étaient pas « une espèce de chant du cygne » [94]. Il envisage avec Baron de vivre en « poètes lakistes » [95], entamant sa conversion au réalisme et à la description du quotidien. Il envisage aussi d’obtenir une bourse d’un an à Berlin pour apprendre l’allemand, projet qui ne se réalisera pas. Fin 28 ou début 29. Propose Aurora aux Éditions du Sagittaire. Un fragment en paraîtra en revue [96] et le livre sera annoncé dans la Bibliographie de la France de juillet 1930 mais ne sera finalement publié qu’en 1946 chez Gallimard.
1929
Michaux : Ecuador, « entreprise quelque peu similaire », selon Leiris, à la future Afrique fantôme qui dit « à la fois ce qui se passe à l’extérieur et à l’intérieur » [97]. Février. Leiris publie cinq poèmes dans Les Cahiers du Sud. Il collaborera à la revue assez régulièrement jusqu’en décembre 1934. 19 février. « Je romps officiellement avec le surréalisme » [98], rupture exprimée dans une réponse négative à la lettre-questionnaire sur les « modalités d’une action commune à continuer ou à reprendre » adressée par les surréalistes aux « intellectuels à tendances révolutionnaires ». Bataille ayant répondu « beaucoup trop d’emmerdeurs idéalistes », Leiris est qualifié à la réunion du 11 mars au Bar du Château d’« incontestablement un des idéalistes désignés » [99]. Avril. Premier numéro de Documents, revue fondée par Georges Henri Rivière, Carl Einstein et Georges Bataille, animée par ce dernier et financée par le marchand d’art Georges Wildenstein (1892-1963). Elle paraîtra durant deux ans (quinze livraisons) et sera « pendant un certain temps, l’organe de la dissidence surréaliste » [100]. 8-20 avril. Deuxième exposition Masson à la galerie Simon. 23 avril - 6 mai. Exposition Gaston-Louis Roux (1904-1988) à la galerie Simon, où le peintre était entré en 1927. Mai. Leiris prend « la décision de [se] mettre un peu au courant des questions ethnographiques et sociologiques », « pour voir si la théorie de Marx est confirmée, quant à la formation de notre mentalité, par ce que l’on sait ou croit savoir de la mentalité des “primitifs” (qui peut-être ne le sont pas) » [101]. 17 mai. « Il y a des moments où j’ai l’impression que je suis un malade et que je devrais, par exemple, me faire psychanalyser. » [102] Juin. Masson fait la connaissance d’Alberto Giacometti, qu’il présente à Desnos, Leiris, Limbour, Prévert et Queneau qui deviendront ses amis, en particulier Leiris qui sera l’un des plus proches. C’est par lui que Giacometti approfondira sa connaissance des sculptures africaineet océanienne. 3 juin. Leiris entre à Documents comme secrétaire de rédaction, « succédant à un poète, Georges Limbour (qui ne faisait pas l’affaire), et précédant un ethnologue, Marcel Griaule [1898-1956] » [103]. À vingt-huit ans, c’est son premier emploi stable. Il restera salarié jusqu’à sa retraite, en 1971. 11 juin. G. H. Rivière lui fait découvrir la revue nègre des Lew Leslie’s Black Birds, « spectacle admirable » [104] (l’un de ses « spectacles cruciaux ») qui lui inspire un long article dans Documents [105] et lui fait dire à Louise Leiris qu’il ne se consolera jamais de ne pas être de ces musiciens et danseurs noirs, « à cause de leur façon d’être dans la vie » [106]. Juillet. Publie un chapitre d’Aurora dans Les Cahiers du Sud et le poème « Les Pythonisses » dans le n° 2 de Bifur. Dans ce dernier, il est ainsi présenté : « Michel Leiris, sorti du Surréalisme (les constellations se dispersent et chaque étoile brille de son propre éclat), fouille les clartés de la nuit poétique et les ombres de la jeunesse ». Breton qualifiera Bifur de « remarquable poubelle » dans le Second manifeste du surréalisme. 1er juillet. Parution du poème « Le Chasseur de tête » dans la N.R.F. C’est sa première contribution à la revue, à laquelle il collaborera assez régulièrement jusqu’à la guerre. 17 juillet. Propose à Jean Paulhan un autre chapitre d’Aurora pour la N.R.F. Refus poli. Août. Retour d’Éthiopie de Marcel Griaule. Leiris fait sa connaissance à Documents : « une date dans [sa] vie » [107], point de départ de sa carrière d’ethnographe, bien que son intérêt pour les Noirs d’Afrique remonte à sa découverte du jazz et de l’art nègre : « de même que plusieurs autres, je suis venu à l’ethnographie par l’art nègre » [108]. Pour l’heure, il envisage de se « mettre à étudier la photographie » afin de devenir « tout à fait un reporter » [109] . Fin août. Premier séjour en Italie, sur le Lac Majeur. 30 août. « De plus en plus j’ai soif d’une aventure quelconque qui vienne changer toute ma vie. Mais pour la première fois j’ai l’impression que c’est peut-être imminent. »Journal, 30 août 1929, p. 200. Septembre. Publie un article sur Giacometti dans Documents. C’est l’un des tout premiers parus en France. Octobre. Également dans Documents, article sur Miró [110] qui, plus tard, fera autorité. 24 octobre. « Jeudi noir » : krach à la Bourse de New York entraînant une crise qui affectera la vente des œuvres d’art jusqu’en 1936 : « sept années de vaches maigres », dira Kahnweiler ; « on ne vendait plus rien » et « Louise Leiris et moi étions seuls pendant des journées entières ; on ne voyait personne » [111]. 30 octobre. Mort de Jacques Doucet. Il lègue à l’université de Paris sa collection littéraire qui deviendra la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. Novembre. Leiris publie dans Documents un compte rendu de L’Île magique de W. B. Seabrook (1887-1945) sur Haïti et le culte vaudou. Il présente l’auteur à ses amis. Le même mois, « après divers déboires remontant à avant l’été » et une beuverie nocturne suivie d’une visite à Bataille pour lui demander son rasoir dans l’intention, « d’ailleurs plus ou moins feinte, de [se] châtrer », il commence une « cure psychologique que, malgré [sa] répugnance pour tout ce qui prétend guérir les maux autres que ceux du corps, [sa] détresse intérieure le force de subir » [112]. C’est sur le conseil de Bataille qu’il entreprend cette psychanalyse (ou, pensera-t-il plus tard, cette « psychothérapie ») et avec le même médecin : le Dr Adrien Borel (1886-1966), qui « considérait et utilisait la psychanalyse comme une thérapie parmi d’autres et non comme la panacée » [113]. Il interrompra sa cure avec l’assentiment et même l’encouragement de Borel pour participer à la Mission Dakar-Djibouti et la reprendra à son retour « deux fois, dont l’une pour un bref laps de temps » [114], jusqu’en février-mars 1936. Il fait sa cure à crédit, le remboursement ne devant avoir lieu que lorsqu’il le pourra, et les séances sont de deux par semaines au début, une ensuite. Cette cure sera d’une incontestable efficacité qui tiendra sans doute « plus à la personnalité de Borel qu’à la méthode suivie » [115]. Du début de sa cure à son départ pour l’Afrique, il ne tiendra plus son journal et ne notera plus ses rêves, activités qu’il reprendra avec son journal de route africain. Novembre ou décembre. La galerie Simon annonce la publication de Glossaire j’y serre mes gloses, mais le livre ne paraîtra qu’en 1939 en raison de la crise économique. 5 novembre. Suicide de Jacques Rigaut. Décembre. Dans Documents, Leiris publie « Une Peinture d’Antoine Caron » (1521-1599), qui débute par un récit de souvenirs d’enfance qu’il reprendra dans L’Âge d’homme et qui constitue son premier écrit réellement autobiographique. 15 décembre. Breton publie dans La Révolution surréaliste le « Second manifeste du surréalisme » [116] dans lequel il prend à partie Bataille et les anciens surréalistes qui collaborent à Documents : Desnos, Leiris, Limbour, Masson, Vitrac.
1929-1930
Leiris assiste à quelques cours de Marcel Mauss à l’Institut d’ethnologie et publie dans Documents plusieurs comptes rendus de livres d’ethnologie.
1930
Breton, Char et Éluard : Ralentir travaux. Desnos : Corps et biens. 15 janvier. « Un Cadavre », pamphlet anti-Breton lancé en réplique au « Second manifeste », imaginé par Desnos et largement influencé par Bataille. La contribution de Leiris est intitulée « Le Bouquet sans fleurs ». Février ou mars. Dans Documents, Leiris se fait critique de jazz avec un article sur Duke Ellington (« Disques nouveaux ») : « le jazz représente actuellement la vraie musique sacrée (c’est-à-dire celle qui est le plus capable de faire entrer une foule “en transe”), pour ne pas dire la seule musique ». Mars ( ?). Publie dans Documents « Toiles récentes de Picasso », première des quelque vingt études qu’il publiera durant toute sa vie sur le peintre et qui seront réunies après sa mort dans Un Génie sans piédestal et autres écrits sur Picasso. Fin août - début septembre. Randonnée solitaire en Catalogne et dans le Nord de l’Espagne à la suite de laquelle il écrit le poème « Le Promeneur de Barcelone » [117]. 25 septembre. Mort à Sancerre de la mère de Lucie Kahnweiler et de Jeanne Godon. Cette dernière vient habiter chez les Kahnweiler à Boulogne, que Michel et Louise Leiris quittent pour s’installer chez Marie Leiris, 12, rue Wilhem (XVIe). Début de l’automne. Cherchant des photos pour illustrer un article de Documents, il découvre une reproduction d’un double tableau de Lucas Cranach l’Ancien dont la vue le bouleverse : Lucrèce et Judith, cette dernière tenant à la main la tête d’Holopherne, auquel il s’identifie. Toussaint. Chez William Seabrook, il rencontre « une petite provinciale blonde, en deuil d’un enfant » [118]. Fasciné, il lui propose de l’enlever, mais sa lettre reste sans réponse.
17 novembre. Pour Documents, il écrit « L’Œil de l’ethnographe (à propos de la Mission Dakar-Djibouti) » [119], mission à laquelle Marcel Griaule lui a proposé de participer et qui partira six mois plus tard. Il y évoque Raymond Roussel et ses Impressions d’Afrique, exalte la science ethnographique et expose les raisons de son départ : accomplissement de certains rêves d’enfance et façon de lutter contre la vieillesse et la mort. Décembre. Écrit « Lucrèce, Judith et Holopherne », texte demandé par Bataille pour un Almanach érotique : « d’abord simple confession basée sur le tableau de Cranach et dont le but était de liquider, en les formulant, un certain nombre de choses dont le poids m’oppressait ; ensuite raccourci de mémoires, vue panoramique de tout un aspect de ma vie » [120], « Lucrèce et Judith se rapportant à deux aspects de l’éternel féminin qui me semblaient avoir une réalité pour moi, Holopherne à moi-même » [121]. La publication ayant échoué, Leiris range son manuscrit dans un tiroir d’où il le ressortira fin 1934 pour le modifier et le développer à la lumière de son expérience psychanalytique et en y mettant « d’autres choses que les choses simplement érotiques » [122] : ce sera L’Âge d’homme.
[1] « J’ai beaucoup moins pratiqué l’homme quele poète... », dans Blaise Cendrars, Œuvres complètes, Le Club français du livre, 1969, t. 3, p. XVI
[2] Entretien avec Catherine Maubon, Il Manifesto, Rome, 26 juillet 1980, p. 3.
[3] Biffures, p. 221.
[4] « Rapace à l’œil bleu... » (1985), Zébrage, p. 248.
[5] L’Âge d’homme, p. 187.
[6] Les lettres de Max Jacob conservées par Leiris et publiées par Christine Van Rogger Andreucci sont au nombre de soixante-six, dont cinquante-deux de novembre 1921 à décembre 1923. On ne dispose pas des lettres de Leiris à Max Jacob, que celui-ci semble avoir détruites durant l’Occupation, de même que l’ensemble de ses archives.
[7] Jacob, p. 46.
[8] Fibrilles, p. 644.
[9] Rambures, p. 100.
[10] Sarraute (Claude), « Entretien avec Michel Leiris », Le Monde, 28 janvier 1961, p. 7.
[11] Jacob, p. 22 et 32-35. La « Réponse de l’abbé X... » sera reprise par Max Jacob dans la deuxième édition du Cabinet noir (Gallimard, 1928).
[12] Biffures, p. 171 et 169.
[13] Nuits sans nuit et quelques jours sans jour, p. 21.
[14] « Éléments pour une biographie [d’André Masson] », dans l’ouvrage collectif André Masson (1940), Marseille, André Dimanche, 1993, p. 10.
[15] Jacob, p. 71.
[16] Journal, 1929, p. 207.
[17] Jacob, p. 66.
[18] Jacob, p. 73, 76 et 80.
[19] L’Âge d’homme, p. 203.
[20] À cor et à cri, p. 21.
[21] « 45, rue Blomet » (1982), Zébrage, p. 226.
[22] « De Bataille l’Impossible à l’impossible Documents » (1963), Brisées, p. 291.
[23] André Masson, « 45, rue Blomet » (1968), dans Masson, Le Rebelle du surréalisme, Françoise Levaillant éd., Hermann, 1994, p. 80.
[24] Marcel Jouhandeau, Journaliers, VII, 1960-1961, La Malmaison, Gallimard, 1969, p. 182.
[25] « À propos d’Aurora : une lettre de Michel Leiris » (1953), dans Adrienne Monnier, Souvenirs de Londres..., Mercure de France, 1957, p. 103.
[26] Jacob, p. 81.
[27] Donation Louise et Michel Leiris, n° 131, reproduit p. 148.
[28] Max Jacob, Correspondance, François Garnier éd., Éditions de Paris, 1955, t. II, p. 170.
[29] Pierre Assouline, L’Homme de l’art : D.-H. Kahnweiler, Gallimard, 1989 (« Folio »), p. 345.
[30] Jacob, p. 99.
[31] Madeleine Gobeil, « À propos de Michel Leiris : conversations avec André Masson et Marcel Jouhandeau », Internationale de l’imaginaire, n°11, hiver 1988-1989, p. 36.
[32] L’Homme sans honneur, p. 1162.
[33] Journal, 4 avril 1954, p. 485.
[34] Le Ruban au cou d’Olympia, p. 226.
[35] Max Jacob, Lettres à Marcel Jouhandeau, Anne S. Kimball éd., Genève, Droz, 1979, p. 70.
[36] L’Âge d’homme, p. 183.Biffures, p. 228.
[37] « 45, rue Blomet » (1982), Zébrage, p. 225.
[38] Max Jacob, Lettres à Marcel Jouhandeau, Anne S. Kimball éd., Genève, Droz, 1979, p. 94-95.
[39] L’Âge d’homme, p. 189.
[40] André Masson, Vagabond du surréalisme, Éditions Saint-Germain-des-Près, 1975, p. 31.
[41] « La Néréide de la Mer Rouge » (1936), Haut mal, suivi de Autres lancers, p. 132.
[42] Cité dans Armel, p. 191.
[43] L’Âge d’homme, p. 146-147.
[44] Journal, 1929, p. 204.
[45] Journal, 29 mars 1924, p. 35.
[46] « Bonjour Leiris ! Alors vous travaillez ? » (1961), Un Génie sans piédestal, p. 84-85.
[47] Journal, 15-26 août 1924, p. 58-63.
[48] « De Bataille l’Impossible à l’impossible Documents » (1963), Brisées, p. 288.
[49] Lévy, p. 183.
[50] André Masson, Entretiens avec Georges Charbonnier, Julliard, 1958, p. 77.
[51] « Éléments pour une biographie [d’André Masson] », dans l’ouvrage collectif André Masson (1940), Marseille, André Dimanche, 1993, p. 11-12.
[52] Breton, p. 501.
[53] Maubon, p. 152.
[54] L’Âge d’homme, p. 193.
[55] Donation Louise et Michel Leiris, n° 135, reproduit p. 157.
[56] Victor Crastre, Le Drame du surréalisme, Les Éditions du Temps, 1963, p. 69 et 79.
[57] Philippe Soupault, Vingt mille et un jours, Belfond, 1980, p. 72.
[58] L’Âge d’homme, p. 189.
[59] L’Âge d’homme, p. 190.
[60] Ferdinand Alquié, Philosophie du surréalisme, Flammarion, 1970, p. 75.
[61] Georges Bataille, « Le Surréalisme au jour le jour » (1951), dans Bataille, Œuvres complètes, t. 8, Gallimard, 1976, p. 172.
[62] Ibid., p. 174.
[63] Repris dans Haut mal, suivi de Autres lancers.
[64] Entretien avec Sonia Aratán, Casa de las Américas, La Havane, n°48, mai-juin 1968, p. 124.
[65] CitédansYvert,p.323.
[66] Repris dans Mots sans mémoire.
[67] « Joan Miró » (1929), Brisées, p. 39.
[68] Victor Crastre, Le Drame du surréalisme, p. 51.
[69] Témoignage de Leiris dans le film de Bernard Monsigny Michel Leiris, souvenirs Soupault, 1990.
[70] L’Âge d’homme, p. 192.
[71] Breton, p. 500.
[72] L’Âge d’homme, p. 194.
[73] « Paris-minuit », traduction française publiée après la mort de Leiris, Magazine littéraire, n° 302, septembre 1992, numéro Leiris, p. 60.
[74] Archives du surréalisme, p. 47.
[75] Archives du surréalisme, p. 111.
[76] Pour sa réédition dans le recueil de Jouhandeau Contes d’enfer (Gallimard, 1955), le conte lui sera explicitement dédié.
[77] B.L.J.D., legs Leiris.
[78] Fibrilles, p. 579.
[79] Nuits sans nuit et quelques jours sans jour, p. 71.
[80] Repris dans Mots sans mémoire.
[81] Fibrilles, p. 583.
[82] Journal, 23 mai 1929, p.179
[83] Fibrilles, p. 578.
[84] Fibrilles, p. 584.
[85] Chavasse.
[86] Lettre du 9 mai 1927, citée dans Francis Bacon ou la brutalité du fait, p. 152.
[87] Daniel-Henry Kahnweiler et Carl Einstein, Correspondance 1921-1939, Liliane Meffre éd., Marseille, André Dimanche, 1993, p. 80.
[88] Réponse à l’enquête « Qu’attendiez-vous de la Grèce ? », Le Voyage en Grèce, n°1, printemps-été 1934, p. 16.
[89] « La Néréide de la Mer Rouge » (1936), Haut mal, suivi de Autres lancers, p. 132.
[90] Fibrilles, p. 592.
[91] Entretien avec Catherine Maubon, Il Manifesto, Rome, 26 juillet 1980, p. 3.
[92] Biffures, p. 171.
[93] Lettre du 2 novembre 1928 citée dans Francis Bacon ou la brutalité du fait, p. 153.
[94] Journal, 28 octobre 1929, p. 203.
[95] Journal, 12 mai 1929, p. 159.
[96] Voir juillet 1929.
[97] Bellour, p. 1283.
[98] Journal, 13 mai 1929, p. 159.
[99] André Breton, Œuvres complètes, t. 1, Gallimard, 1988 (« Bibliothèque de la Pléiade »), p. 962.
[100] « Sur Raymond Queneau », Brisées, p. 272.
[101] Journal, mai 1929, p. 142 et 146.
[102] Journal, 17 mai 1929, p. 167.
[103] « De Bataille l’Impossible à l’impossible Documents » (1963), Brisées, p. 293.
[104] Journal, 11 juin 1929, p. 190.
[105] « Civilisation », Documents, septembre 1929, repris dans Brisées.
[106] Lettre du 9 août 1929 citée dans Francis Bacon ou la brutalité du fait, p. 154.
[107] « L’Œil de l’ethnographe » (1930), Zébrage, p. 28, note 1. Dans cette note, Leiris donne par erreur la date de juillet.
[108] Ibid.
[109] Lettre à Louise Leiris du 14 août 1929 citée dans L’Afrique fantôme, p. 114.
[110] « Joan Miró », repris dans Brisées.
[111] Daniel-Henry Kahnweiler, Entretiens avec Francis Crémieux, Mes galeries et mes peintres (1961), Gallimard, 1998 (« L’Imaginaire »), p. 143 et 144.
[112] L’Âge d’homme, p. 196 et 41
[113] Entre augures, p. 12.
[114] L’Âge d’homme, p. 201.
[115] Philippe Lejeune, Moi aussi, Seuil, 1986 (« Poétique), p. 171-172.
[116] Publié en volume en 1930 chez Simon Kra, repris dans Breton, Œuvres complètes, t. 1, Gallimard, 1988 (« Bibliothèque de la Pléiade »), p. 775-837.
[117] Haut mal, suivi de Autres lancers, p. 88-93.
[118] L’Âge d’homme, p. 199.
[119] Zébrage, p. 26-34.
[120] L’Âge d’homme, p. 41.
[121] Probable premier prière d’insérer de L’Âge d’homme,1935, cité dans Yvert, p. 93.
[122] Chavasse, cité dans Yvert, p. 89.
|