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Michel Leiris
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[...] l’un de mes soucis les plus contestables mais les plus ancrés n’est-il pas de prouver bel et bien que j’existe puisque, non content de miser sur l’écriture pour que cette existence à laquelle je m’accroche en désespéré ait plus d’intensité et s’accommode tant soit peu de l’épée de Damoclès constamment suspendue au-dessus d’elle, je tiens à ce que mes écrits soient imprimés ( sortis de la subjectivité du manuscrit ) et diffusés ( sans grasse orchestration commerciale qui en fausserait la signification, mais pourtant offerts à un public ) et que, me fiant à ce moyen d’atteindre à des couleurs hautes en gamme genre héros d’opéra sans avoir à payer tragiquement de ma personne, je fais de mon jeu un spectacle qui permet ou permettra à quelques autres de me voir, fût-ce à retardement, et de se reconnaître en moi ( idée propre à pallier cette sensation déprimante qui m’est coutumière, ne pas avoir une pleine réalité ou du moins être enlisé dans le non-sens ) ? Musique en texte et musique antitexte |