2004

Chronologie 1971-1980

par Louis Yvert, Les autres Articles

 

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Ouvrages cités


 

1971

27 janvier. À la suite d’incidents survenus à Fort-de-France, Leiris préside une conférence de presse sur la situation aux Antilles.
20 avril. Mis à la retraite du C.N.R.S., il continue de venir à son bureau du musée de l’Homme, laissé à sa disposition.
Mai. Lettre de protestation à Fidel Castro signée par des intellectuels européens et américains ayant soutenu la révolution cubaine (dont Leiris), suite à l’arrestation du poète cubain Heberto Padilla (1932-2000) le 20 mars et à sa libération le 27 avril, après qu’il ait été contraint de rédiger son autocritique. C’est la rupture avec le régime cubain et les signataires sont dénoncés comme « agent de la C.I.A. »
22 juin. Sortie du livre André Masson, Massacres et autres dessins, avec un texte de Leiris intitulé « La Ligne sans bride ».
28 juillet. Mort de Joseph Sima.
Septembre. Séjour en Syrie et au Liban avec Louise Leiris et Sonia Orwell.
26 octobre - 10 janvier 1972. Exposition Bacon au Grand Palais, catalogue préfacé par Leiris : « Francis Bacon aujourd’hui » [1].

1972

François Caradec : Vie de Raymond Roussel, dont l’introduction est dédiée à Leiris [2].
29 avril - 11 mai. Séjour au Pays de Galles avec Louise Leiris et Sonia Orwell.
12 juin. Subit une légère intervention chirurgicale (cystoscopie).
28 août. Mort de René Leibowitz. Leiris lui rendra hommage dans Musique de tous les temps de février-mars 1973 (« J’étais lié à René Leibowitz... »).

1973

Robert Bréchon : « L’Âge d’homme » de Michel Leiris (Hachette).
Pierre Chappuis : Michel Leiris (Seghers, « Poètes d’aujourd’hui ») [3].
15 janvier. Mort de Jeanne Godon, la tante de Louise Leiris qui vivait avec les Leiris depuis 1940.
27 janvier. Accords de Paris : fin de la guerre du Viêt-nam.
8 avril. Mort de Pablo Picasso à Mougins. « Deux ou trois jours après, écrira Leiris dans Frêle bruit, je lirai, conclusion d’un article de journal consacré par un historien d’art [4] à Picasso disparu, quelques lignes évoquant - à propos de l’allure fatidique que l’atterrante annonce prenait, entendue par radio - la légende selon laquelle le passage de l’ère païenne à l’ère chrétienne fut signifié par une voix criant, venue de nul endroit situable : Pan, le grand Pan est mort ! Fin d’un monde et commencement d’un autre ? C’est bien de cela qu’il s’agit, je le pense moi aussi. » [5] Un livre d’hommage à Picasso sera publié à Londres à la fin de l’année avec un texte de Leiris en anglais : « The Artist and his model » [6].

Pablo Picasso - 12.9 ko
Pablo Picasso

23 mai - 23 septembre. Exposition « Picasso 1970-1972 » à Avignon, Palais des Papes. Kahnweiler et les Leiris assistent à l’inauguration.
Août. Vacances à Bad Ragaz (Suisse) où Kahnweiler se repose.
Septembre ( ?). Tous les parfums de l’Arabie..., lithographie en couleurs de Miró, poème de Leiris (éditée par Aimé Maeght) [7].
Novembre ( ?). Appel à la réunion d’une conférence internationalepour l’étude de l’oppression exercée « dans les pays capitalistes ou dans ceux qui ont proclamé les principes du socialisme », signé par vingt-deux personnalités dont Leiris.

1974

 
Leiris en conversation avec Joan Miró - 9.4 ko
Leiris en conversation avec Joan Miró
Alain-Michel Boyer : Michel Leiris (Éditions universitaires).
21 mars. Émission consacrée à Leiris sur France-musique.
17 mai - 13 octobre. Exposition Miró au Grand Palais, catalogue comportant des textes déjà publiés de Leiris et des textes de Breton, René Char, Éluard, etc.
Juin. La traduction de L’Âge d’homme est interdite en Espagne.
Août. Séjour à Mammern-am-Untersee (Lac Inférieur, Suisse).
15 novembre. Achevé d’imprimer de Francis Bacon ou la vérité criante (Fata Morgana), comprenant les préfaces aux deux expositions de 1966 et 1971.
Décembre. À la Biennale de Knokke-le-Zoute, Nuits sans nuit, adaptation musicale de rêves extraits du livre de Leiris, musique de Michel Puig, mise en scène de Michael Lonsdale. Leiris s’en déclare satisfait. Le spectacle sera repris à la Cité internationale (février 1975), au Festival d’Avignon (juillet-août 1977) et à l’Aire libre Montparnasse (novembre-décembre 1977).

1975

Philippe Lejeune : Lire Leiris, autobiographie et langage (Klincksieck), couronné du Grand prix de la critique littéraire.
Michel Leiris, surrealism, existentialism, art, autobiography, politics, ethnology, psychoanalysis, numéro spécial de la revue américaine Sub-stance.
Année probable du début de la rédaction du Ruban au cou d’Olympia, que Leiris terminera en 1981.
Au cours de l’année. Fait la connaissance du peintre Jean-Max Toubeau (né en 1945), qui est son arrière-petit-cousin. Pendant deux ans, l’artiste peindra plusieurs portraits de Leiris.
11 janvier. Mort accidentelle de Pierre Leiris, le « frère ami ».
Septembre. Séjour des Leiris en Écosse avec Sonia Orwell.

1976

Portrait de Michel Leiris, Francis Bacon, 1976 - 14.7 ko
Portrait de Michel Leiris, Francis Bacon, 1976
 
Francis Bacon : Portrait de Michel Leiris [8], que David Sylvester(1924-2001) considérera « comme le portrait de petit format le plus remarquable [que Bacon] ait jamais peint [...], image hypnotique [qui] est à la fois portrait profondément ressemblant et merveilleuse reconstruction de l’architecture de la tête humaine » [9]. Après l’exécution en 1978 d’un deuxième portrait, Bacon dira : « des deux peintures de Michel Leiris, celle que j’ai faite qui lui ressemble moins d’une manière littérale [celle de 1976] lui ressemble plus d’une manière poignante » [10].
8 janvier. Achevé d’imprimer de Frêle bruit, tome IV de La Règle du jeu (Gallimard). « Si l’on admet que Frêle bruit est une réussite, je crains d’avoir été - avec ce livre - le coureur gagnant qui s’effondre sur la ligne d’arrivée » [11].
Mars ou avril. La publication des Écrits de Laure (Colette Peignot) est interdite par ses héritiers après une première édition faite sans autorisation par Jérôme Peignot,neveu de Colette, en 1971.
 
Raymond Queneau - 11.7 ko
Raymond Queneau
Une association des amis de Laure est créée, présidée par Leiris. La première édition publique paraîtra en 1977.
1er avril. Mort de Max Ernst.
15 avril. Achevé d’imprimer de L’Art de l’impossible (Genève, Albert Skira), cinq entretiens de Francis Bacon avec David Sylvester réalisés de 1962 à 1975 (il y en aura quatre autres de 1979 à 1986), traduits par Leiris et Michael Peppiatt et précédés d’une longue introduction de Leiris (« À Londres, lors d’un dîner intime... »).
25 octobre. Mort de Raymond Queneau.

1977

Yves Elléouët : Falc’hun, avec une préface de Leiris [12].
Sarah Maldoror : Aimé Césaire : au bout du petit matin, film dont Leiris est conseiller scientifique.
Louis Yvert : « Bibliographie des écrits de Michel Leiris, 1924 à 1974 », Bulletin du bibliophile, 1974, I et III.
Entrée de Leiris au Petit Larousse illustré.
19 janvier - 26 mars. Exposition Bacon à la galerie Claude Bernard, catalogue préfacé par Leiris : « Le Grand jeu de Francis Bacon » [13].
11 avril. Mort de Jacques Prévert.
Mai. Signe avec des intellectuels et des médecins, dont Françoise Dolto, Michel Foucault, Sartre, etc., une déclaration demandant la révision du Code pénal et l’atténuation des peines encourues par des adultes ayant eu des relations sexuelles avec des mineurs consentants.
5 mars - 2 mai. Exposition Masson au Grand Palais, catalogue préfacé par Leiris : « En fête avec André Masson » [14].
Juillet-août. Séjour des Leiris et de Kahnweiler à Bühlerhöhe (les Hauts-de-Bühl), dans « un établissement mi-hôtel mi-sanatorium de la Forêt Noire » [15].

1978

Janvier. Fonde avec Jean Copans et Jean Jamin la collection d’ethnologie « Les Hommes et leurs signes » (éditions du Sycomore), qui sera publiée jusqu’en 1984.
8 juillet - 30 septembre. Exposition Giacometti à la Fondation Maeght de Saint-Paul (Alpes-Maritimes). Le catalogue [16] comporte un texte de Leiris : « Autre heure, autres traces... » [17].
14 décembre 1978 - 27 janvier. À la galerie Louise Leiris, exposition Lascaux pour le dixième anniversaire de sa mort, catalogue préfacé par Leiris : « Modernité d’Élie Lascaux » [18].
22 décembre. Mort de Roger Caillois.

1979

Daniel-Henry Kahnweiler - 10 ko
Daniel-Henry Kahnweiler
 
11 janvier. Ayant demandé la présence de Leiris à son chevet, Daniel-Henry Kahnweiler meurt à l’âge de quatre-vingt-quinze ans. Louise Leiris hérite de ses biens.
7 avril. Mort de Jouhandeau. Leiris assiste à son enterrement et note dans son journal que le disparu « fait aujourd’hui figure d’homme incroyablement narcissique qui durant toute sa vie est passé à côté de tout, ne s’intéressant guère qu’à ses petites histoires d’alcôve ou de famille et se préoccupant seulement de les transformer littérairement en bijoux » [19].
12-29 août. Séjour à Dinan avec Louise Leiris, Sonia Orwell et leur ami américain Edward Burns. Promenade dans la forêt de Paimpont, la légendaire forêt de Brocéliande.
1er-16 septembre. Séjour en Suisse, où un accident de santé le détermine à mettre de l’ordre dans ses affaires et à désigner Maurice Jardot comme son légataire universel et Jean Jamin comme exécuteur testamentaire de son œuvre. Rentré à Paris, il montre son journal à ce dernier et le charge de le publier après sa mort.

1980

Jean-Paul Sartre - 8.7 ko
Jean-Paul Sartre
 
Gilbert Rouget : La Musique et la transe, préfacé par Leiris [20].
17 mars. Achevé d’imprimer de Au verso des images (Fata Morgana), recueil de six études sur Bacon, Giacometti, Lascaux, Masson et Picasso.
15 avril. Mort de Jean-Paul Sartre. Leiris lui rend hommage dans Le Nouvel observateur (« Les Éloges funèbres du philosophe... ») et dans Libération (entretien avec Jean-Pierre Barou).
24 avril. Mort à Paris d’Alejo Carpentier.
Mai. Séjour à New York pour une rétrospective Picasso au Museum of Modern Art.
Août. Vacances à Merligen, près du lac de Thoune (Suisse).
11 août. Mort d’André Schaeffner. Leiris participera à l’hommage qui lui sera rendu par la Revue de musicologie en 1982 : « 45, rue Blomet » [21].
Décembre. Refuse le Grand prix national des lettres 1980 décerné par le ministère de la Culture et de la Communication. Lors de la remise des prix, le ministre indique que c’est « par fidélité à des choix personnels » que le lauréat a décliné « l’hommage qui lui était rendu par le monde des lettres ». Henri Michaux avait fait de même en 1965.
11 décembre. Mort à Londres de Sonia Orwell, que Leiris était allé voir une dernière fois en novembre. Il lui rendra hommage dans « Chevauchées d’antan », publié dans L’Ire des vents en 1987 [22].


[1] Repris dans Au verso des images.

[2] Livre réédité sous le titre Raymond Roussel et sans l’introduction (Fayard, 1997).

[3] Repris dans Pierre Chappuis, Deux essais : Michel Leiris, André du Bouchet (José Corti, 2003).

[4] André Castel, « Le Prométhée du XXe siècle : Picasso », Le Monde, 10 avril 1973, p. 1 et 28.

[5] Frêle bruit, p. 989-990.

[6] Publié en français (« Le Peintre et son modèle ») dans Au verso des images et repris dans Un Génie sans piédestal.

[7] Poème repris dans Frêle bruit, p. 820.

[8] Donation Louise et Michel Leiris, n°4, reproduit p. 17.

[9] Catalogue de l’exposition Francis Bacon, Musée national d’art moderne, 27 juin-14 octobre 1996, p. 30.

[10] Entretien avec David Sylvester, VI (1979), ibid., p. 195.

[11] Journal, 28 octobre 1976, p. 674.

[12] « Posthume, ce livre ne l’était-il pas déjà... ». Reprise dans Zébrage.

[13] Repris dans Bacon le hors la loi et dans Zébrage.

[14] Repris dans Au verso des images.

[15] Le Ruban au cou d’Olympia, p. 127.

[16] Egalement publié sous la forme de livre de Jacques Dupin et Michel Leiris.

[17] Repris dans Au verso des images.

[18] Repris dans Au verso des images.

[19] Journal, p. 698.

[20] « Ne pas se contenter d’être ce que l’on est... », reprise dans Zébrage.

[21] Repris dans Zébrage.

[22] Repris dans Zébrage.


Louis Yvert

Inspecteur général honoraire des bibliothèques. Auteur de la Bibliographie des écrits de Michel Leiris, 1924 à 1995 (Jean-Michel Place, 1996). Éditeur de la correspondance Michel Leiris - Jean Paulhan (Éditions Claire Paulhan, 2000) et du volume Bataille-Leiris, Échanges et correspondances (Gallimard, 2004). A participé à l’édition de La Règle du jeu dans la « Bibliothèque de la Pléiade » (Gallimard, 2003).