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Ouvrages cités
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1951
15 mars. Achevé d’imprimer de Race et civilisation, publié par l’Unesco dans la collection « La Question raciale devant la science moderne » créée et dirigée par Alfred Métraux. 19 mars. Assiste à Naples à une représentation de La Fanciulla del West. Dès lors, il éprouve « une vraie passion pour la musique de Puccini » [1], musicien « si longtemps méprisé par les gens de goût, en France tout au moins » [2] et dont il avait lui-même qualifié La Tosca d’« ordure » dans L’Âge d’homme [3]. Avril. Exposition Giacometti à la galerie Maeght, catalogue préfacé par Leiris : « Pierres pour un Alberto Giacometti » [4]. Août. À Bordeaux, témoigne au procès de seize Martiniquais accusés du meurtre, lors d’une grève, de leur employeur blanc. Ils seront acquittés. 27 septembre. Sortie du film de Pierre Braunberger (1905-1990) La Course de taureaux, dont le commentaire a été écrit par Leiris à partir d’un synopsis d’Auguste Lafront, auteur de plusieurs ouvrages sur la tauromachie. Le texte de Leiris sera publié après sa mort. 31 octobre. Achevé d’imprimer de Toro, album de lithographies en couleurs d’André Masson avec un poème de Leiris (Éditions de la galerie Louise Leiris, 57 exemplaires). 23 novembre - 8 décembre. À l’exposition « L’Assiette peinte » à la galerie de l’Orfèvrerie Christofle, assiette réalisée par Leiris et René Leibowitz. Fin décembre. Signe avec un groupe d’intellectuels une lettre au Président de la République demandant la grâce d’Henri Martin (né en 1927), marin auteur de tracts contre la guerre d’Indochine, condamné en octobre 1950 à cinq ans de réclusion [5].
1952
Wifredo Lam s’installe définitivement à Paris. 21 mars - 21 juillet. Seconde mission de Leiris aux Antilles (Martinique et Guadeloupe), mission de l’Unesco que Métraux lui a « fait confier pour examiner le problème des rapports entre blancs et gens de couleur dans ces deux Antilles » [6]. 18 novembre. Mort de Paul Éluard. Son cercueil est exposé à la Maison de la pensée française, où les Leiris se rendent le 21. Leiris y découvre Monteverdi, dont l’Orfeo est joué sur un tourne-disque. Il publiera « Art et poésie dans la pensée de Paul Éluard » dans le numéro d’hommage d’Europe (juillet-août 1953) [7]. 12-19 décembre. Participe comme observateur au troisième Congrès de la Paix à Vienne. Il signe l’« Appel des écrivains réunis à Vienne », devenant ainsi « à peu près ce que les gens de droite appellent un “crypto-communiste” » [8]. Le 23 décembre, rentré à Paris, il est à la tribune du Vél’ d’Hiv’ avec Sartre pour rendre compte du congrès. En avril suivant, il publie « Congrès des peuples pour la paix, Vienne 1952 » [9], illustré par Fernand Léger, long poème dithyrambique où il évoque la dernière réunion du congrès : « événement humain de valeur infinie, serait-ce dans la mesure inexorable où, une fois, un tel événement put avoir lieu ».
1953
Dans le tome 3 des Écrivains célèbres, publié sous la direction de Raymond Queneau, Leiris est présenté comme « l’un des plus grands prosateurs français contemporains ». Début de l’année. Achat par la galerie Louise Leiris du Prieuré, belle bâtisse datant « du premier Napoléon » et jouxtant le village de Saint-Hilaire, près d’Étampes (Seine-et-Oise, Essonne actuelle), où Kahnweiler et les Leiris passeront la plupart de leurs week-ends et une partie de leurs étés à partir de 1954 et où leurs collections personnelles sont en grande partie installées. Avec Saint-Hilaire, Leiris peut éprouver le plaisir des promenades en compagnie d’un chien « sans que se pose la question de la parole » [10]. Le premier sera une chienne : Dine (1954-1966). Janvier. Reparution de la N.R.F., interdite à la Libération, sous le titre La Nouvelle Nouvelle revue française. Leiris refuse à Jean Paulhan d’y collaborer, lui rappelant l’engagement pris en septembre 1944. Il ne collaborera plus à la revue qu’une seule fois, en 1981. Mars. Premier numéro des Lettres nouvelles, revue créée par Maurice Nadeau (né en 1911) et Maurice Saillet (1914-1990). Sollicité sur les auteurs à publier, Leiris s’oppose à la collaboration d’un écrivain et traducteur qui avait été ministre de Vichy, sans doute Georges Pelorson. 5 mars. Mort de Staline. 15 mars. Intervient à un meeting tenu à Nice pour la libération d’Alain Le Léap (1905-1986), secrétaire général de la C.G.T., arrêté en octobre 1952 pour participation à une entreprise de démoralisation de l’armée [11]. 8 mai. Mort d’Henri Laurens. Juillet. Publication de « Les Nègres d’Afrique et les arts sculpturaux » (étude commandée par l’Unesco sur le rôle des arts sculpturaux dans les cultures africaines) dans l’ouvrage collectif L’Originalité des cultures : son rôle dans la compréhension internationale. C’est la première étude importante de Leiris sur les arts plastiques d’Afrique noire. 14 juillet. Place de la Nation, la police tire sur des Algériens qui manifestent avec la C.G.T. pour célébrer la Révolution française : six morts, cinquante blessés [12]. Dans une déclaration à la presse, Leiris qualifie l’événement d’ignominieux [13]. Le 22, il assiste aux obsèques des victimes. 6 août. Prononce une allocution à la Maison des métallos, lors de la réception d’Henri Martin, libéré de prison le 2 août [14]. Octobre. Publie « Henri Martin et le colonialisme » dans L’Affaire Henri Martin, commentée par Sartre (Gallimard).
1954
17 mai. Prononce une conférence au Collège philosophique : « Conception et réalité chez Raymond Roussel » [15]. 21 juillet. Accords de Genève mettant fin à la guerre d’Indochine. 1er novembre. Attentats marquant le début de la guerre d’Algérie.
1955
Claude Lévi-Strauss : Tristes tropiques. Leiris en fera un important compte rendu dans Les Cahiers de la République de juillet 1956 [16]. Avril. Conférence africano-asiatique de Bandung. 7-30 mai. En hommage à Henri Laurens, exposition de ses dernières sculptures au XIe Salon de Mai. Leiris publie dans le catalogue « Rêve pour Henri Laurens » [17], qu’il évoquera dans Fibrilles [18]. Printemps ( ?). « Justice pour Jacques Rabemananjara », plaidoyer qui ne semble pas avoir été publié à l’époque [19]. L’écrivain sera libéré en août pour raison de santé. Après l’indépendance de l’île en 1960, il sera ministre dans le premier gouvernement malgache. 19 juin. Malade, Adrienne Monnier met fin à ses jours.
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 Fernand Léger
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27 juin. Achevé d’imprimer de Fourbis, tome II de La Règle du jeu (Gallimard), qui sera mis en vente en septembre. 17 août. Mort de Fernand Léger. Leiris lui rend hommage dans Les Lettres françaises [20]. 8 septembre. Il est élu satrape au Collège de pataphysique. 17 septembre - 3 novembre. Leiris fait partie de la délégation de l’Association des amitiés franco-chinoises invitée en Chine à l’occasion du sixième anniversaire de la République populaire. La délégation comprend notamment René Dumont, Armand Gatti, Jean Lurçat, Chris Marker (qui réalisa durant le voyage son film Dimanche à Pékin) et Paul Ricœur. Pendant tout le voyage, il tient un carnet de route dont il n’arrivera pas à tirer une vue d’ensemble : le voyage le comble mais le laisse, à son retour, désemparé. Le carnet sera publié après sa mort sous le titre Journal de Chine. Samedi 1er octobre. Fête nationale à Pékin : grand défilé sur la place Tien An Men, « énorme fiesta » qui l’enchante et qu’il décrira longuement dans Fibrilles [21]. 6-31 octobre. Visite Tien Tsin, Shanghaï, Hang Tchéou, Tchou Kou Tien, les tombeaux des Ming, la Grande Muraille, Tchong K’ing, Kunming. 31 octobre - 3 novembre. Retour avec escale d’une journée à Copenhague. Novembre. À Paris, il trouve chez lui les articles élogieux sur Fourbis parus durant son absence. Il n’en tire qu’un « mince plaisir » et en est même déprimé, y voyant des notices nécrologiques, en déduisant que son œuvre est désormais derrière lui et constatant qu’il n’est « jamais content » [22]. Il commence néanmoins Fibrilles, qu’il terminera en 1965. Sortie en librairie de Contacts de civilisations en Martinique et en Guadeloupe (Unesco et Gallimard). 5 novembre. Fondation par Robert Antelme, Louis-René des Forêts, Dionys Mascolo et Edgar Morin du Comité d’action des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord. En font notamment partie Bataille, Breton, Leiris, Lévi-Strauss, Sartre. À cette occasion, Leiris fait la connaissance de Louis-René des Forêts, qui deviendra un de ses proches amis à partir de 1968. Novembre 55 - mars 56. Publication d’études importantes sur Leiris dans quatre des plus grandes revues de l’époque : « Prestiges de Michel Leiris » de Maurice Nadeau (Les Lettres nouvelles), « Une Autobiographie dialectique » de Michel Butor (Critique), « Michel Leiris ou la Psychanalyse interminable » de Jean-Bertrand Pontalis (Les Temps modernes) et « Combat avec l’Ange » de Maurice Blanchot (la Nouvelle N.R.F.). Il est reconnu comme un des écrivains majeurs du XXe siècle.
1956
Janvier. S’engage par contrat avec Gallimard à remettre fin mai 1957 le manuscrit d’un ouvrage sur l’art négro-africain, à paraître dans la collection « L’Univers des formes » dirigée par André Malraux et Georges Salles (1889-1966). Après de multiples reports, cet engagement ne sera tenu qu’en février 1965 et l’ouvrage paraîtra en février 1967. Février. XXe congrès du Parti communiste d’Union soviétique (rapport Khrouchtchev). 26 février. Mort de Marcel Griaule. Mars ( ?). Probable conférence sur Proust dont les notes préparatoires seront retrouvées après sa mort et publiées en janvier 1997 dans le Magazine littéraire. Mai. Achevé d’imprimer de Bagatelles végétales, illustré par Miró (Jean Aubier, éditeur) [23]. Juin. Membre du comité d’honneur du M.R.A.P. (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). 4 juin. Le Prix des critiques lui est décerné pour les deux premiers volumes de La Règle du jeu. Créé en 1945, ce prix avait récompensé Albert Camus pour La Peste en 1947, Françoise Sagan pour Bonjour tristesse en 1954 et Alain Robbe-Grillet pour Le Voyeur en 1955. Le jury est présidé par Robert Kemp qui tiendra à préciser dans Les Nouvelles littéraires que le prix a été décerné à Leiris par huit voix contre six et qu’il faisait partie de ces six. Le prix est de 100.000 F (environ 1700 € de 2003), que Leiris adresse anonymement au Comité d’action des intellectuels. Fin juin. Révolte ouvrière à Poznan, la plus importante ville industrielle de Pologne. Juillet. Maurice Jardot (1911-2002), ancien Inspecteur des monuments historiques, est associé à Kahnweiler et à Louise Leiris à la direction de la galerie. À la mort de Leiris, il sera son légataire universel. 27 août. Mort de Roland Tual. Septembre. Séjour en Sicile. À Palerme, il assiste à la fête de L’Unità, l’organe du Parti communiste italien. 23 octobre. Soulèvement de la Hongrie. Le 24, Imre Nagy est nommé chef du gouvernement. 4 novembre. Mille chars soviétiques investissent Budapest et écrasent le soulèvement hongrois : « acte contre-révolutionnaire » [24] pour Leiris, qui signe plusieurs déclarations condamnant l’intervention. La Chine approuve l’Union soviétique : « Après avoir désespéré de tant de choses, le temps serait-il décidément venu de désespérer aussi du communisme ? » [25]. 5 novembre. Suite à la nationalisation du canal de Suez, intervention armée de la France et de la Grande-Bretagne contre l’Égypte. États-Unis et U.R.S.S. obligent les franco-britanniques à se retirer. 14 novembre. Âgée de quatre-vingt-onze ans, Marie Leiris meurt à Saint-Pierre-lès-Nemours. Novembre-décembre. Suite aux événements de Pologne et de Hongrie, une vingtaine d’écrivains dont Breton, Césaire, Leiris et Jean Schuster (1929-1995) lancent un Appel en faveur d’un Cercle international des intellectuels révolutionnaires.
1957
Georges Balandier : L’Afrique ambiguë. Georges Bataille : L’Érotisme, dédié à Leiris. Michel Butor : La Modification. Leiris en fait un compte rendu dans Critique de février 1958 [26]. Au cours de l’année. Liaison avec Germaine Rouvre († 2002), épouse du peintre Yves Rouvre (1910-1996). Janvier. Écrit une préface à une réédition du livre de Trotski Leur morale et la nôtre, à paraître dans une collection dirigée par Maurice Nadeau, à la lumière de situations ou faits récents (intervention soviétique en Hongrie, néocolonialisme, rupture de Césaire à l’égard du Parti communiste). Le projet ayant échoué, Leiris publiera son texte en 1966 dans Brisées. Février. Achevé d’imprimer de balzacs en bas de casse et picassos sans majuscules, illustré par Picasso (galerie Louis Leiris, 110 exemplaires) [27]. 12 février - 10 mars. Première exposition personnelle de Francis Bacon à Paris.
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 Studio de Bacon, photographie de Marc Trivier
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Leiris sera « le premier en France » à saisir « l’importance unique dans l’art de son temps, mais aussi la marginalité » de l’œuvre de Bacon [28]. Quant à ce dernier, il sera un grand admirateur de l’œuvre de Leiris. Mars-avril. Exposition Peintures 1955-1956 de Picasso dans les nouveaux locaux de la galerie Louise Leiris, 47, rue de Monceau, locaux qui en font « la plus spacieuse et la mieux outillée des galeries de ce genre » [29]. Nuit du 29-30 mai. À cinquante-six ans [30], pour échapper à des problèmes qu’il se sent impuissant à résoudre - enlisement de son œuvre littéraire, passion amoureuse, duplicité à l’égard de son épouse -, mais surtout parce que l’art et l’amour sont en lui « le foyer d’une exaltation trop tendre et trop lancinante pour ne pas se confondre avec le désir d’en mourir », il se jette dans les « fastes de la tragédie » en se livrant « à ce qu’on peut considérer comme une tentative de suicide » « par manducation d’une grosse quantité de toxique », après une soirée très arrosée chez Roland Penrose (1900-1984) et son épouse Lee Miller (1907-1977) puis chez Maurice et Suzanne Merleau-Ponty. Dans le coma durant trois jours, il subit une trachéotomie qui lui laissera sur la gorge un signe, une « fibule ». Durant son séjour à l’hôpital et sa convalescence, il compose les poèmes de Vivantes cendres, innommées (1961). Il devra ensuite suivre un long traitement. 14 juin - 14 septembre. Au Musée municipal de Limoges, exposition « Les Miauletous et leurs amis » : les peintres Suzanne Roger, André Beaudin et Élie Lascaux et leurs amis écrivains (Queneau, Leiris, Limbour, Jacques Baron, Georges-Emmanuel Clancier, Patrick Waldberg) qui avaient fait pendant la guerre des séjours à Saint-Léonard-de-Noblat (dont les habitants s’appellent les Miauletous) auprès des Kahnweiler. 15 juin. Leiris quitte l’hôpital. Durant sa convalescence quai des Grands-Augustins, Giacometti réalise cinquante-deux gravures représentant son ami et le décor où il se trouve et où il a tenté de se suicider [31]. Treize de ces gravures seront retenues pour illustrer Vivantes cendres, innommées (1961). Septembre. Fin de convalescence et cure à Montecatini Terme (Toscane) où André et Rose Masson le rejoignent. Séjour à Florence.
1958
Limbour : « Cahier de musique pour X », conte écrit en 1949 et dédié à Leiris (publié en revue). 6 janvier. Opéré d’une hernie à Neuilly-sur-Seine. Mars. Parution de La Possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar (Plon). 21 mars. Mort de Paul Rivet. Mai. Séjour en Belgique avec Claude Laurens et son épouse Denise. 13 mai. Constitution à Alger d’un Comité de salut public, « sédition qui provoqua en France l’écroulement de la IVe République » [32]. 1er juin. Investiture du général de Gaulle comme président du Conseil. 9 juin. « Je suis, moi, capitaliste et en même temps prolétaire, jouisseur et en même temps revendicateur, ce qui - dans une période tendue - atteint à l’absurdité manifeste et devient intenable. D’où une furieuse tentation de me retirer du jeu : n’avoir plus à y penser, creuser tout simplement le trou dans lequel je me nicherai en attendant que soit passé l’orage... » [33]. Septembre. Seconde cure à Montecatini Terme. Le 13, à Pistoia, en compagnie de Louise Leiris et des Masson, il assiste pour la première fois à une représentation de Turandot, donnée à l’occasion du centenaire de la naissance de Puccini. Quand il reverra l’opéra à la Scala, en mars 1960, il sera frappé par les analogies qui existent entre la « somptueuse chinoiserie » qu’est Turandot et L’Âge d’homme. « En dehors de Turandot, écrira-t-il, je ne vois pas d’œuvre lyrique où les personnages de Judith (Turandot) et de Lucrèce (Liù) soient simultanément mis en scène » ; « L’Âge d’homme est, en un certain sens, un livre vériste : de la réalité vécue n’ont guère été retenus que des éléments paroxystiques » [34]. Novembre. Il note pour Fibrilles : « J’ai franchi je ne sais quel mur du son. C’est moi seul qui ai entendu l’explosion. » [35]
1959
Didier Anzieu (1923-1999) : L’Auto-analyse, thèse de doctorat comportant un chapitre sur l’auto-analyse littéraire (psychanalyse et surréalisme, André Breton, Leiris). Janvier. Commence à noter sur des fiches ses vues, impressions et souvenirs sur l’opéra, fiches qui seront publiées après sa mort sous le titre Operratiques. 1er-10 mai. Voyage en Hollande avec André et Rose Masson. 22 mai - 27 juin. Exposition Picasso, « Les Ménines 1957 », à la galerie Louise Leiris, catalogue avec préface de Leiris [36]. 28 mai. Banquet d’allégeance au baron Mollet, nouveau vice-curateur du Collège de ‘pataphysique. Leiris et Boris Vian entourent le baron. Début septembre. Assiste à un festival Monteverdi à Venise avec les Leibowitz. 20 septembre - 5 octobre. Voyage avec Denise et Claude Laurens en Belgique, Hollande, Allemagne et Scandinavie. Aux environs d’Oslo, il voit un tremplin de saut à skis aux dimensions titanesques qui sera l’un des ingrédients qui, dans Frêle bruit, illustreront ce qu’est pour lui le merveilleux [37].
1960
Sartre : Critique de la raison dialectique. L’Afrique fantôme y est qualifiée de « livre admirable » où « l’enquête est un rapport vivant entre des hommes » décrit « dans sa totalité » [38]. Année de l’accession à l’indépendance des colonies françaises d’Afrique noire et de Madagascar. Leiris participe à la fondation et à la direction des Cahiers d’études africaines publiés par l’École pratique des hautes études (VIe section). 4 janvier. Mort d’Albert Camus dans un accident de voiture. Juin. Mort de Pierre Reverdy. Leiris lui consacrera un texte dans le numéro d’hommage du Mercure de France de janvier 1962 [39]. 30 juin. À l’initiative d’André Breton, le tract « Qui après Paul Fort ? » conteste l’élection de Jean Cocteau comme « Prince des poètes ». Leiris figure parmi les personnalités appelées à élire un autre prince. Juillet. Il est l’un des premiers signataires de la « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie » dite « Manifeste des 121 ». Elle sera publiée en septembre dans différents périodiques qui seront saisis. Vingt-neuf des signataires, dont Leiris, seront inculpés de provocation à l’insoumission et à la désertion. 6 juillet - 18 septembre. Rétrospective Picasso à la Tate Gallery de Londres. Michel et Louise Leiris y vont avec Kahnweiler. 8 Septembre - 5 octobre. Voyage en Europe (Londres, Zurich, Munich, Vienne) pour son livre Afrique noire : la création plastique. 25 octobre. Une commission paritaire du C.N.R.S. est réunie en conseil de discipline pour examinerle cas des chercheurs signataires du « Manifeste des 121 ». Pour sa défense, Leiris affirme la vocation de l’ethnologue à défendre les peuples qu’il étudie et dont il est « l’avocat désigné, celui qui plus que quiconque doit s’attacher à faire admettre leurs droits, sans excepter le droit de lutter à leur tour pour se constituer en nation » [40]. Le 7 décembre, un blâme lui sera infligé. Novembre ou décembre. Se rend à Amsterdam pour témoigner en faveur de Michalis Raptis (1911-1996), membre fondateur de la IVe Internationale, accusé de confection de faux papiers et de fausse monnaie et de trafic d’armes au bénéfice des Algériens. 30 novembre - 31 décembre. Exposition Picasso, « Dessins 1959-1960 » (inspirés par la tauromachie), à la galerie Louise Leiris, catalogue préfacé par Leiris. Le titre de cette préface, « Romancero du picador » [41], sera pris par Jean Desvilles (né en 1925) comme titre de son court métrage réalisé avec ces mêmes dessins et dont le commentaire est le texte de Leiris, dit par Alain Cuny (1908-1994). Fin 1960 ou début 1961. Rédige « Préambule à une histoire des arts plastiques de l’Afrique noire », qui sera publié après sa mort dans Miroir de l’Afrique.
[1] L’Age d’homme, p. 213.
[2] Operratiques, p. 110.
[3] L’Age d’homme, p. 97.
[4] Repris dans Brisées et dans le recueil Pierres pour un Alberto Giacometti.
[5] Voir août 1953.
[6] « Regard vers Alfred Métraux » (1963), Brisées, p. 281.
[7] Repris dans Brisées.
[8] Fibrilles, p. 604.
[9] Défense de la paix, n°23, avril 1953, p. 87-94.
[10] A cor et à cri, p. 56.
[11] Intervention publiée après sa mort : « Pour vous parler... », Lignes, n°13, mars 1991.
[12] Fourbis, p. 458.
[13] L’Humanité, 16 juillet 1973, p. 5.
[14] Voir fin décembre 1951.
[15] Publiée dans Critique d’octobre. Reprise dans Roussel & Co.
[16] Repris dans Brisées et dans Cinq études d’ethnologie.
[17] Repris dans La Règle du jeu (« Pléiade »).
[18] Fibrilles, p. 561.
[19] Publié dans Zébrage, p. 110-114.
[20] « Le Savoir-vivre du créateur », repris dans Zébrage.
[21] Fibrilles, p. 533-537.
[22] Fibrilles, p. 600-604.
[23] Texte repris dans Mots sans mémoire.
[24] « Leur morale et la nôtre » (1957), Brisées, p. 239.
[25] Fibrilles, p. 559.
[26] « Le Réalisme mythologique de Michel Butor », repris dans Brisées.
[27] Texte repris dans Un Génie sans piédestal.
[28] Agnès Angliviel de la Baumelle, dans Donation Louise et Michel Leiris, p. 14.
[29] Fibrilles, p. 608.
[30] « Age exact où Roussel a décidé de disparaître, [...] coïncidence d’âge qui vraisemblablement n’en est pas une » (Annie Le Brun, dans Roussel & Co., p. 55-56).
[31] Gravures reproduites dans le catalogue de l’exposition Alberto Giacometti, Vivantes cendres, inommées, mit einem Text von Ursula Perucchi-Petri, Kunstmuseum Bonn, 22. August bis 21. Oktober 1990.
[32] Nuits sans nuit et quelques jours sans jour, p. 193.
[33] Journal, 9 juin 1958, p. 529.
[34] Operratiques, p. 118 et 119.
[35] Journal, novembre 1958, p. 533.
[36] Reprise dans Un Génie sans piédestal.
[37] Frêle bruit, p. 1002.
[38] Jean-Paul Sartre, Critique de la raison dialectique, précédé de Questions de méthode, t. I, Théorie des ensembles pratiques, Gallimard, 1960, p. 63.
[39] « Reverdy, poète quotidien », repris dans Brisées.
[40] Journal, 1961, note 2, p. 912.
[41] Reprise dans Un Génie sans piédestal.
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