MERCREDI 19 DÉCEMBRE 2001

Michel Leiris à la Bibliothèque nationale de France
Grandes figures littéraires du XXe siècle français

par ,

 

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La Bibliothèque nationale de France poursuit sa programmation mensuelle de soirées littéraires, qui ont l’ambition de couvrir les principales problématiques et les grands courants de la création littéraire.
Sélection d’un ensemble visuel et sonore choisi dans la richesse des fonds de la BnF et de l’INA.

...On pille les Nègres, sous prétexte d’apprendre aux gens à les connaître et les aimer, c’est-à-dire, en fin de compte, à former d’autres ethnographes, qui iront eux aussi les « aimer » et les piller. L’Afrique fantôme .

Ecrivain, ethnologue, critique et grand collectionneur d’art, Michel Leiris invente une nouvelle forme d’écriture. Poétique, scientifique, marquée par sa psychanalyse, son entreprise autobiographique commence avec L’Age d’homme. Elle se poursuit tout au long de son œuvre et notamment avec La Règle du Jeu, 4 volumes, qui est une règle de vie : apprendre à mourir. Il y analyse sa mythologie personnelle avec une rigueur toute expérimentale. Leiris scrute son image sans concession, traque dans l’écriture tout ce qui peut servir de masque, allant au delà des apparences. Enchevêtrant les styles, il compose une œuvre le classant parmi les grandes figures littéraires du XXe siècle.

La soirée thématique qui lui est consacrée sera composée d’un débat, précédé d’une conférence de l’écrivain Charles Juliet.

Charles Juliet a rencontré Michel Leiris dans les années cinquante. Etudiant en médecine, âgé de 22 ans, attiré par l’écriture, il consacre une étude à « La littérature et le thème de la mort chez Kafka et Leiris » qui sera publiée en novembre 1957 dans la revue Critique.
Ces rencontres se situant à l’époque de la tentative de suicide de Michel Leiris semblent prémonitoires et l’étude cerne la hantise de la mort, chez ces deux auteurs, qui est en réalité la crainte de ne pas mourir. Aurora :

M’y voici venu à la Mort cathédrale, à cette troisième singulière personne, que tout à l’heure je biffais d’un trait de plume. La Mort, fourche grammaticale qui assujettit le monde et moi-même à son inéluctable syntaxe, règle qui fait que tout discours n’est qu’un piètre mirage, recouvrant le néant des objets, quels que soient les mots que je prononce et quelque soit le Je que je mets en avant.

Mercredi 19 décembre

18h30-21h
Conférence de Charles Juliet, écrivain.
Débat avec Philippe Dagen (professeur à l’université Paris 4), Philippe Lejeune (écrivain et chercheur) et Françoise Huguier (photographe).

Avec le soutien du Magazine Littéraire.

Site François-Mitterrand
Hall Est
Grand auditorium
Entrée libre